11 février 2016
Changement de cap?
Par: Pierre Bornais
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Au cours de la dernière campagne, le Parti libéral du Canada annonçait dans son programme qu’il mettrait fin aux ­bombardements contre l’EI, pour ­favoriser une autre approche.

Le premier ministre Trudeau vient d’officialiser cette promesse et ­propose une approche différente pour soutenir la coalition luttant contre le terrorisme.

D’abord, il est intéressant de ­souligner que le nouveau gouvernement tient son engagement, rappelant au passage que les électeurs ont voté majoritairement pour cette mesure. Mais s’agit-il ­vraiment d’un changement de cap?

Les avis sur le sujet peuvent différer puisque, en définitive, il en coûtera plus cher aux contribuables. Et que les dangers liés à cette nouvelle ­approche pourraient être accrus pour le ­personnel – plus nombreux – engagé sur le terrain.

Jusqu’à maintenant, le rôle du Canada était louangé par les partisans d’une participation directe à une ­coalition internationale. Avec six avions et 3 % des activités, notre effort était apprécié et ­efficace. Mais il était questionné par ceux et celles qui, sans nier l’ampleur du ­problème, éprouvaient un malaise ­certain en constatant que les bombes ­faisaient des victimes aussi dans la ­population civile.

Pour s’en convaincre, il suffit de ­visionner les résultats des bombardements russes qui illustrent l’effet réel de ce rouleau compresseur, n’épargnant rien, ni personne. Surtout chez les ­rebelles non djihadistes qui sont opposés au gouvernement de ­Damas et que, il n’y a pas si longtemps, nos gouvernements soutenaient dans leur opposition.

Ces destructions poussent des millions de personnes à fuir et elles viennent ­frapper à nos portes. Il faut agir autrement et si le pari est risqué, il semble justifié.

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