1 juin 2017
Chantal Soucy interpelée
Par: Le Courrier
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Nous avons appris récemment que la Caisse de dépôt et placementset le Fonds FTQ vont investir dans PANGEA, une entreprise qui fait son beurre en achetant des terres agricoles. L’UPA s’est dite furieuse de voir « l’argent des Québécois » investi dans PANGEA. 

Il est en effet inquiétant de voir de l’argent public venir mettre en danger le modèle agricole québécois et nuire à la relève en dépossédant les agriculteurs de la propriété de leur bien le plus précieux, leur terre. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que ce dossier fait l’objet de débats. Le Parti québécois partage les préoccupations des agriculteurs ainsi que de la relève en ce qui concerne l’accaparement des terres agricoles par des spéculateurs. À tel effet qu’en 2013 le ministre de l’Agriculture, François Gendron, déposait un projet de loi afin de limiter les actions de ces spéculateurs qui font gonfler le prix des terres. Sauf qu’une fois les libéraux au pouvoir, ce projet de loi a été relégué aux oubliettes en même temps que la loi sur la souveraineté alimentaire qui avait été très bien accueillie par le milieu. (…) 

L’UPA et la Fédération de la relève agricole du Québec (FRAQ) réclament, depuis l’arrivée des libéraux au pouvoir, une intervention du gouvernement du Québec pour empêcher les sociétés d’investissement d’accaparer de plus en plus de nos terres agricoles. Selon elles, c’est l’avenir de la relève agricole qui est en jeu. Le ministre Lessard se dit quant à lui impuissant à agir pour empêcher la Caisse de dépôt et le Fonds FTQ d’investir dans PANGEA. 

Au lieu de rester les bras croisés, le ministre pourrait pourtant faire adopter le projet de loi No 599 du porte-parole de l’opposition officielle en matière d’agriculture et d’alimentation et député de Berthier, André Villeneuve, qui propose des actions concrètes telles que des mesures de contrôle lors de l’acquisitiond’une ou plusieurs terres agricoles qui porterait ultimement la superficie totale des terres agricoles de cette personne au-delà du seuil de 100 hectares. 

Nous croyons que cette situation est beaucoup trop sérieuse pour que Mme Soucy en fasse fi ou se terre dans le silence. Le lien d’amitié entre François Legault et Charles Sirois, homme d’affaires bien connu et cofondateur de la CAQ qui dirige PANGEA, ne peut pas et ne doit pas être un facteur d’influence dans les décisions et les actions de Mme Soucy vis-à-vis la propriété des terres aux agriculteurs. Les producteurs agricoles veulent plus que jamais être « Maitres chez eux », c’est-à-dire maitres de leurs terres aussi bien que maitres de leur sous-sol. Nous le souhaitons aussi. 

C’est pourquoi la députée Soucy doit se prononcer sur ce sujet incontournable pour Saint-Hyacinthe et tout le Québec agricole. 

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