4 juillet 2019
Charley Déguédine, le meilleur du quebfunkrock
Par: Olivier Dénommée

Jim Guilleminot, qui a passé son secondaire et son cégep à Saint-Hyacinthe, a installé son studio d’enregistrement dans son sous-sol à Saint-Jean-Baptiste. Il y a notamment enregistré les nouvelles chansons de son groupe Charley Déguédine, qui paraîtront sur un nouvel album cet automne. Photo Annie Beauregard | Le Courrier ©

Formé à Sherbrooke il y a deux ans, Charley Déguédine est né de la fusion de deux projets solos, Charley Cliff et Déguédine. Le duo qui se plaît à brouiller les étiquettes de genres a déjà lancé un premier album et s’apprête à en livrer un deuxième. L’un des membres, Jim « Déguédine » Guilleminot, a grandi à Saint-Hyacinthe et demeure maintenant non loin, à Saint-Jean-Baptiste. Il a parlé au COURRIER de ses projets.

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« Charles [Lamontagne] et moi, on avait tous les deux des bands chacun de notre côté, mais ça a foiré et on a fini par décider de faire nos projets en solo. On s’est rencontrés seulement en 2017 et chacun a tripé sur le matériel de l’autre au point de décider de jouer de la musique ensemble », raconte Jim. Si les deux projets étaient bien différents, ils avaient des influences similaires et le désir commun de chanter en québécois. Aujourd’hui, on peut clairement entendre de fortes inspirations de Primus (pour la musique) et de Mononc’ Serge (pour les paroles), mais les influences vont jusqu’à toucher la pop, le folk, voire le rap par moments. « Dans nos textes, on inclut beaucoup de références à des animaux ou des critiques sociales », précise Déguédine au sujet des thèmes abordés.

Pour le moment, Charley Déguédine accepte de se qualifier de groupe de « quebfunkrock », terme qui se retrouvera dans le deuxième album du duo – autoproduit et enregistré dans le studio maison de Jim Guilleminot – prévu en octobre, qui devrait porter le titre humoristique de The Best of Quebfunkrock. Une des chansons qui devrait se retrouver sur ce deuxième album est intitulée « Gaston le chat », une suite de « Belzébuth » des Colocs et un hommage à « Tommy the Cat » de Primus en même temps. « On ne se donne aucune limite dans ce qu’on fait », confirme Jim Guilleminot qui cite Les Cowboys Fringants comme exemple. « Ce groupe peut traiter de sujets sombres et quand même rendre ça festif, et c’est un peu ça qu’on essaie aussi de faire. »

Deux crinqués

La recette du succès de ce duo hors normes? « On est aussi intense l’un que l’autre, on n’a pas à faire de compromis et on fait tout nous-mêmes. Pour le moment, dans notre processus créatif, on a enregistré les “vieilles tounes” qu’on avait écrites chacun de notre côté en solo, mais on a déjà commencé à écrire du nouveau matériel ensemble et à tester un nouveau paradigme. Depuis deux ans, on n’a pas manqué une semaine pour se voir et jammer ensemble. À deux, c’est pas mal plus facile de gérer les horaires », précise le musicien.

L’intensité de Charley Déguédine est encore plus évidente sur scène alors qu’il arrive à recréer l’énergie de cinq musiciens… à deux. « On donne un show sur tous les aspects : on a nos costumes, notre drum custom et on joue de plusieurs instruments en même temps. En spectacle, on joue nos chansons et des reprises de Desjardins, de Plume ou de Damien Robitaille, mais dans notre style. Ça surprend les gens, mais environ une personne sur deux apprécie notre musique », estime l’ancien Maskoutain, conscient des défis d’offrir une musique tout sauf commerciale. « On n’est pas Éric Lapointe, mais on sent qu’on répond à un besoin », considère le membre du duo qui a remporté une troisième position au Battle of the Bands organisé par le ShazamFest plus tôt cette année. Cet été, Charley Déguédine part en tournée un peu partout au Québec. Rien n’est encore au programme dans la région maskoutaine où vivent toujours les parents de Jim, mais le duo invite les curieux à prêter une oreille à sa musique, notamment disponible sur les plateformes numériques.

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