12 novembre 2020
Cinéma Saint-Hyacinthe : optimiste malgré tout
Par: Maxime Prévost Durand

« Quand on va revenir à la normale, je pense qu’on va bien s’en tirer », mentionne le copropriétaire des cinémas RGFM, Guillaume Venne, qui a acquis cet été le Cinéma Saint-Hyacinthe. Photothèque | Le Courrier ©

Malgré les nouveaux contrecoups encaissés depuis la fermeture des cinémas en zone rouge, les cinémas RGFM ne regrettent pas d’avoir acquis le Cinéma Saint-Hyacinthe pour l’ajouter à leur réseau, en juin dernier.

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Bien conscients du contexte de pandémie, les nouveaux propriétaires avaient tout de même choisi d’aller de l’avant pour ajouter les salles maskoutaines à celles qu’ils possédaient déjà du côté de Beloeil, Joliette, Sorel et Drummondville.

« On n’a pas acheté Saint-Hyacinthe dans une perspective de court terme, on l’a acheté pour du long terme, a réitéré avec sérénité le copropriétaire Guillaume Venne, lorsque joint par LE COURRIER. Quand on va revenir à la normale, je pense qu’on va bien s’en tirer. »

Même s’il reconnaît qu’il « était et reste toujours difficile d’évaluer le futur », M. Venne mentionne que la nouvelle fermeture des cinémas faisait déjà partie des scénarios pris en considération lors de l’achat du Cinéma Saint-Hyacinthe.

« En tant qu’hommes d’affaires, on espère toujours pour le mieux, mais on se prépare toujours au pire, souligne-t-il. Il faut s’assurer d’avoir les outils pour passer à travers différentes situations. »

Depuis deux semaines, tous les cinémas RGFM sont en zone rouge. Le copropriétaire estime toutefois être en mesure de garder la tête hors de l’eau pour un certain temps.

« Nous n’avons aucune inquiétude pour la suite des choses, car nous sommes en bonne position. Nous ne pouvons évidemment pas survivre d’une manière indéfinie. Nous sommes tributaires d’une réouverture et d’un réapprovisionnement de films, [mais] nous avions prévu une deuxième vague et pris des décisions permettant à l’entreprise de continuer. »

Parce que, disons-le, ce n’est pas cet été qu’ils ont renfloué les coffres, malgré leur réouverture. Pendant les quelques mois où les salles ont pu être ouvertes, selon des règles sanitaires marquées par la distanciation, l’achalandage a été plutôt timide. Mais l’homme d’affaires se réjouit tout de même des résultats enregistrés chez sa nouvelle acquisition, vu le contexte. « On était très heureux des chiffres à Saint-Hyacinthe », a affirmé M. Venne en comparant le nombre de personnes assistant aux représentations du cinéma maskoutain à ses autres cinémas.

Le report de plusieurs grosses productions américaines prévues initialement cet été n’a toutefois pas aidé à la relance du cinéma, estime-t-il. « On anticipait un départ progressif [lors du retour du confinement]. Nous n’étions pas certains de la réponse du public dans le contexte. De plus, nous n’avions pas eu beaucoup de nouveautés. Nous sommes très liés à la sortie des films américains, 85 % de nos revenus proviennent d’Hollywood. »

Le cinéma a encore sa place

Malgré la multiplication des plateformes de diffusions numériques, Guillaume Venne est convaincu que les cinémas auront toujours leur place dans l’économie.

« Le cinéma offre un divertissement. C’est un besoin de l’être humain que de socialiser et de sortir de chez lui. L’exemple classique est celui des restaurants que les gens fréquentent même s’ils ont l’option de se faire livrer à la maison. Cette possibilité d’aller au cinéma va avoir manqué encore plus aux gens. Dans mes cinémas cet été, il y en avait de tous les âges. »

À l’instar du soutien apporté aux salles de spectacles, les propriétaires de cinémas espèrent à leur tour trouver une entente avec la ministre de la Culture, Nathalie Roy, pour que le gouvernement leur apporte une aide financière.

« On est en négociation avec le cabinet de la ministre Nathalie Roy en ce moment pour avoir des outils financiers pour passer à travers la crise. On est confiants d’avoir quelque chose pour nous aider. On reste un endroit culturel où on présente des films qui sont faits au Québec », a souligné M. Venne.

Avec la collaboration de Denis Bélanger

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