25 avril 2013
Cité et CLD : une société de dépenses… et de déficit!
Par: Martin Bourassa

Il n’est pas simple et encore moins évident de faire le portrait du CLD Les Maskoutains et de la Cité de la biotechnologie, les deux organisations responsables du développement économique de Saint-Hyacinthe et région.

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Si elles sont étroitement liées entre elles et partagent les mêmes employés logés sous un même toit, elles relèvent toutes les deux d’un conseil d’administration différent, mais présidé par le même homme, Claude Bernier.

L’une dit être un organisme public; l’autre se prétend privée, même si elle est financée en partie par la Ville de Saint-Hyacinthe et est endossée par celle-ci à la hauteur de 20 M$. Outre M. Bernier, le conseiller Alain Leclerc siège à la Cité, tout comme le directeur général de la Ville de Saint-Hyacinthe, Louis Bilodeau, membre d’office.Dans la correspondance adressée au COURRIER dans le cadre de ce dossier, le CLD dit même former un partenariat avec la Cité, à l’intérieur « d’une société de dépenses ».Le directeur général des deux organismes, Mario De Tilly, se ferme comme une huître quand il est question de la Cité et refuse de répondre à la majorité des questions.« Je ne te parlerai pas de la Cité, car ce n’est pas public. Je t’ai donné les états financiers l’an dernier, de bon coeur, et ça m’a mal servi encore une fois. Tu les as utilisés dans une recherche de malhonnêteté, de prétention, je ne sais pas trop. »Ne croit-il pas qu’il a des comptes à rendre aux Maskoutains qui financent et supportent les activités du CLD et de la Cité de la biotechnologie? « À ceux à qui j’ai des comptes à rendre, je les rends, mais pas aux journalistes. Et qui sont ces gens, cela ne te regarde pas. Je le répète encore une fois, les affaires de la Cité, c’est privé. »Dans une entrevue publiée par le magazine L’actualité alimentaire en début d’année, M. De Tilly tenait cependant un tout autre discours au moment d’illustrer toute la flexibilité dont fait preuve la Cité de la biotechnologie pour attirer des investissements. « Comme organisme public, nous ne sommes pas soumis à la loi implacable de la profitabilité. Nous désirons faire nos frais, sans plus », expliquait-il.Sauf que la rentabilité visée n’est pas toujours au rendez-vous.Si LE COURRIER n’a pu avoir accès aux états financiers 2012 de la Cité, ceux des années 2011 et 2010 révèlent respectivement des déficits de 20 771 $ et 87 118 $.Les états financiers 2012 du CLD sont eux aussi écrits à l’encre rouge. Le Fonds d’administration affiche un déficit de 33 095 $. La rentabilité ne s’obtient qu’en additionnant les revenus d’intérêt associés à deux fonds d’investissement.Il est bon de préciser que la Ville de Saint-Hyacinthe a refusé de nous transmettre toute information relativement à la Cité de la biotechnologie, malgré une demande formelle adressée en vertu de la Loi d’accès à l’information.LE COURRIER a donc décidé d’en appeler de cette décision.

M.B.

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