9 mai 2013
CLD et Cité : troublant
Par: Martin Bourassa
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C’est dans un contexte particulier que se déroulera la prochaine assemblée générale annuelle du Centre local de développement (CLD) Les Maskoutains, lundi, à Saint-Hyacinthe.

Elle survient après notre enquête sur la gouvernance de cette organisation et de sa société affiliée, la Cité de la biotechnologie agroalimentaire, vétérinaire et agroenvironnementale. Hâte de voir si la direction du CLD et de la Cité en profitera pour régler ses comptes plutôt que pour en rendre.Il faut dire que la reddition de comptes, ça ne semble pas être sa principale qualité, comme les lecteurs du COURRIER ont été à même de le constater au cours des dernières semaines. Il est quand même troublant que des administrateurs et conseillers municipaux soient incapables d’affirmer que les fonds publics du CLD sont dépensés à bon escient, puisqu’ils ne peuvent le vérifier eux-mêmes. Troublant d’apprendre qu’ils ne peuvent obtenir de réponses à toutes leurs interrogations quand il est question du CLD ou de la Cité à la Ville de Saint-Hyacinthe. Troublant de savoir que l’ex-trésorier du CLD ignore combien de cartes de crédit du CLD sont en circulation, ne voit pas souvent de relevés et n’ait aucune idée de comment, par qui et sur quelle base est fixé le salaire du directeur général de l’organisation. Troublant également de constater que des cartes de crédit corporatives du CLD servent parfois à des fins personnelles.Inquiétant de recevoir des relevés de cartes de crédit sur lesquels une centaine de transactions ont été rayées au feutre noir. Est-ce qu’un administrateur du CLD osera un jour demander à voir ce qui se cache derrière ce caviardage? Ces gens ont-ils l’indépendance nécessaire pour exercer leur rôle? Ont-ils un droit de regard, un mot à dire, une utilité quelconque ou sont-ils tout simplement des béni-oui-oui?Troublant qu’un conseil comptant plus de 25 administrateurs donne autant de latitude à un directeur général sur les embauches et les conditions de travail. Troublant de se faire dire que ce conseil suit le budget avec attention, sans que personne ne se donne vraiment la peine d’examiner les dépenses dans le détail ou ne s’interroge sur les vases communicants entre le CLD et la Cité au niveau des dépenses.Troublant de découvrir que le directeur général du CLD et de la Cité approuve lui-même les comptes de dépenses de son adjointe et conjointe, et de savoir que les siens lui sont parfois remboursés sans avoir été vus et approuvés. Inacceptable le silence du président du conseil d’administration du CLD et de la Cité, tout comme le refus de répondre du directeur général de la Cité quand il est question de cet organisme. Inquiétant aussi de se faire dire que le fonctionnement du CLD repose sur 99 % de confiance et 1 % de doute. Quand il est question d’administrer des fonds publics, l’extrême rigueur s’impose. Il n’y a pas de place pour la confiance aveugle.Il faut des certitudes et de la transparence. Beaucoup de transparence.Dans un environnement contrôlé et favorable à sa cause, comme le sera l’assemblée générale de lundi, le président des conseils d’administration du CLD et de la Cité trouvera-t-il le courage de répondre aux questions qui demeurent face au fonctionnement du CLD et de la Cité, et son propre rôle?Annoncera-t-il des actions comme la mise en place de mécanismes d’encadrement précis, sérieux, durables et à l’abri de toute complaisance, si possible, pour colmater les brèches que nous avons mises à jour, avec une facilité déconcertante, dans la reddition de comptes et la gouvernance des deux organisations qu’il préside et qui sont largement subventionnées par des deniers publics? Un encadrement que le DG du CLD devrait d’ailleurs être le premier à suggérer, lui qui déplorait il y a quelques années le manque de rigueur administrative du Cégep de Saint-Hyacinthe, mais qui donne l’impression de vivre dans une maison de verre.Enfin et plus troublant que tout cela mis ensemble, cette note de conjoncture des villes de taille moyenne (2013) publiée cette semaine par le Conference Board du Canada.« L’économie de Saint-Hyacinthe est en perte de vitesse depuis huit ans. Le PIB réel et le marché de l’emploi de la région sont presque revenus à la moitié de ce qu’ils étaient en 2005 », constate l’organisme de recherche appliquée indépendant le plus en vue du Canada. Ce constat sera-t-il relevé lors de l’assemblée du CLD, où préfèrera-t-on se dire encore une fois que tout va bien dans le meilleur des mondes?Le bateau prend l’eau, mais on acclame notre capitaine. Bizarre, non?

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