26 avril 2012
Pas d'égout pour le secteur Laframboise
Colère à Saint-Thomas-d’Aquin
Par: Le Courrier
Marcel Leblanc, le propriétaire d'Outiloc, a investi environ 25 000 $ dans l'aménagement d'un nouveau système d'épuration sophistiqué.

Marcel Leblanc, le propriétaire d'Outiloc, a investi environ 25 000 $ dans l'aménagement d'un nouveau système d'épuration sophistiqué.

Plusieurs résidents du boulevard Laframboise, dans le secteur Saint-Thomas-d’Aquin, sont très mécontents de la décision de la Ville de Saint-Hyacinthe de ne pas prolonger l’égout sanitaire vers leur propriété. Et ils l’ont fait savoir au maire, Claude Bernier, à la séance d’information qu’il a animée sur le sujet le 19 avril, au Centre communautaire Aquinois.

« C’est clair qu’il ne s’est pas fait d’ami là. Ils nous ont fait perdre notre temps en essayant de nous expliquer quelque chose qui n’a ni queue ni tête. Que la Ville ne veuille pas faire le 1,5 kilomètre d’égout qui manque sur Laframboise, c’est assez frustrant, je trouve ça anti-démocratique. Et j’ai un paquet de voisins qui sont aussi frustrés que moi », fulmine un résident, Marc Beaudoin.

Lui qui possède un terrain de 5 200 mètres carrés zoné commercial et résidentiel le long du boulevard Laframboise considère que la Ville applique la règle du « deux poids, deux mesures » dans le développement urbain. « Quand je regarde le journal, je vois qu’il y en a qui n’ont pas trop de misère à obtenir ce qu’ils veulent. Si le Groupe Robin était propriétaire ici, il y a longtemps qu’on aurait eu les égouts. Je n’en veux pas à M. Robin, mais la Ville se doit d’écouter ses citoyens aussi. Si j’avais l’égout, ça m’aiderait pas mal à développer mon terrain. Mais là, ils me mettent des bâtons dans les roues. Ils m’ont déjà envoyé de la documentation pour me dire que l’égout me coûterait 50 000 $ pour 200 pieds de façade. C’est plein d’affaires de même qu’ils ne sont pas capables de nous expliquer », a poursuivi M. Beaudoin.Il fait valoir que la desserte du secteur en égout ajouterait à la valeur des propriétés, donc aux revenus que la Ville tire des taxes, en plus d’être un gain au plan environnemental. « Un champ d’épuration, ce n’est pas bon à vie : quand il est saturé, il est à refaire. Mais ici, il y a deux pieds de glaise bleue dans le fond. Pour un champ d’épuration, il faut remonter le terrain de quatre pieds, et tu ne peux plus t’en servir après. »Un peu plus loin sur le boulevard Laframboise, Marcel Leblanc, le propriétaire d’Outiloc, a expliqué qu’il avait investi environ 25 000 $ il y a quatre ans dans l’aménagement d’un nouveau système d’épuration sophistiqué. Malgré cela, il réclame la desserte en égout.« Tout est conforme, c’est un système qui fonctionne très bien, mais pour combien de temps? Ce n’est pas ça que ça prend : ça prend l’égout », affirme-t-il. Il déplore lui aussi la position de la Ville, la qualifiant d’ « illogique « et d’« impensable ». « La modernisation, c’est l’égout sanitaire! », lance M. Leblanc.Il a raconté que le maire Bernier avait déjà dit non au prolongement du réseau d’égout il y a deux ans, malgré le fait que la grande majorité des propriétaires concernés – il y en a exactement 55 aujourd’hui – avaient signé une pétition en faveur du projet. « Il y en a seulement 12 sur 60 qui n’avaient pas voulu signer », se rappelle-t-il.Mais il assure que cette fois-ci, les propriétaires qui exigent l’installation de l’égout ne lâcheront pas la Ville. « Ça n’en restera pas là. Il va y avoir des avocats là-dedans », prédit-il.

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