5 avril 2012
Construction et déconstruction de l’image
Par: Le Courrier

C’est ce que propose le peintre Richard Deschênes avec l’exposition Transfert, présentée au Centre d’exposition de Saint-Hyacinthe, Expression, jusqu’au dimanche 29 avril. Avec des oeuvres qui se rapprochent davantage du dessin que de la peinture, l’artiste nous renvoie au processus de création de l’image, au rôle de la mémoire ainsi qu’à la psychologie de la cognition.

Depuis près d’une vingtaine d’années, Richard Deschênes décortique le phénomène de la perception. Avec son exposition Transfert, présentée depuis le 17 mars, l’artiste explore, entre autres, la construction et la déconstruction de l’image.

Dans la grande salle d’exposition, sont exposés ses tableaux les plus récents dont l’image a été décalquée, puis tramée par l’artiste, mettant en évidence la construction de cette dernière. Tandis que dans la petite salle d’exposition, sont exposées des photographies issues d’articles journalistiques et dont le sujet principal a été retiré de la photo pour en créer une nouvelle. Deux procédés opposés qui ont conduit Deschênes à un même résultat. « Que je parte avec du blanc pour construire une image ou que je parte d’une image construite pour la déconstruire, les techniques sont opposées, mais le produit final est le même », explique-t-il.Dans les deux cas, l’artiste laisse volontairement ressortir à la fois l’origine de l’image et la transformation qu’elle a subie. Parmi ses oeuvres les plus récentes, l’artiste a eu recours au tramage, une technique utilisée dans les procédés graphiques, pour reproduire des images dont le contenu visuel nous est familier. Telle sa série de portraits où l’on peut reconnaître Louis Pasteur, Anton Tchekhov, Victor Hugo, Yuri Gargarin, Billie Holliday et Maurice Richard. Deschênes ne cache pas s’éloigner de plus en plus de la peinture pour se rapprocher davantage du dessin. Il parvient même à recréer un semblant de photographie dans certains cas, un sujet qui d’ailleurs est presque omniprésent dans l’exposition.Autant pour ces créations les plus récentes que pour les photographies, le contenu de ses oeuvres comporte des formes, figuratives ou abstraites, dont certaines se manifestent de façon récurrente, répétées, copiées, décalquées et transférées, comme si le rôle de la mémoire consistait à transférer, copier, effacer, sélectionner puis, au stade de la cognition, à organiser, structurer et échafauder. « J’aime mettre l’attention sur l’objet et voir comment l’image est perçue par chaque personne, selon ses connaissances, sa mémoire personnelle et affective », précise-t-il.Transfert présente donc près d’une quarantaine d’oeuvres de Deschênes qui, selon le choix des objets et des personnes représentées, témoignent du savoir encyclopédique de son créateur. Toutefois, c’est sur le signifié, la représentation mentale de l’objet, que Deschênes met l’accent. À ce sujet, l’artiste souligne d’ailleurs que l’importance de ses tableaux est plus psychique que physique.

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