30 avril 2015
Casavant Ouest
Corbeil remet l’option « viaduc » sur la table
Par: Benoît Lapierre
Corbeil remet l’option « viaduc » sur la table

Corbeil remet l’option « viaduc » sur la table

Écartée pour des raisons techniques en 2012, l’option d’un viaduc dans le prolongement du boulevard Casavant revient pourtant dans les discussions. Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©

Écartée pour des raisons techniques en 2012, l’option d’un viaduc dans le prolongement du boulevard Casavant revient pourtant dans les discussions. Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©

Par-dessous ou par-dessus? Le maire de Saint-Hyacinthe, Claude Corbeil, n’est pas encore convaincu qu’un tunnel passant sous les voies ferrées du Canadien National (CN) est la meilleure façon de compléter le dernier tronçon du boulevard Casavant Ouest.

L’option « viaduc », que tout le monde croyait définitivement écartée, sera réexaminée, a-t-il confié au COURRIER après la séance du conseil du 20 avril. « Je n’étais pas là dans le temps (lorsque le dossier a été étudié) et là, on est rendu à en reparler. Les moyens de traverser les voies ferrées vont être discutés, c’est clair », a-t-il confirmé, lorsque questionné au sujet d’une rumeur voulant que l’option « viaduc » soit remise en cause.

Le maire Corbeil ne s’en cache pas : il cherche la façon la plus économique de compléter ce projet pour lequel il s’est mis à la recherche de subventions dès son arrivée à la mairie. Mais il ne reviendra pas sur la troisième possibilité qui avait été considérée au départ, celle du passage à niveau : elle est définitivement abandonnée, affirme-t-il.

Il s’agit tout de même d’un retour à la case « départ » qui ne rapproche certainement pas les Maskoutains d’une conclusion dans le dossier du boulevard Casavant, eux qui croyaient sans doute avoir tranché la question à l’automne 2012. Au terme de la consultation publique menée sous l’administration du maire Claude Bernier, 53 % des répondants avaient choisi l’option tunnel, contre 47 % qui préféraient le passage à niveau. Quant à la troisième possibilité, la construction d’un viaduc au-dessus des voies ferrées, elle avait été éliminée dès le départ.

« En 2005-2006, une étude comparative a été commandée à une firme d’ingénieurs-conseils afin de déterminer la faisabilité de trois options, à savoir l’aménagement d’un passage à niveau, la réalisation d’un passage inférieur (tunnel) ou la construction d’un passage supérieur (viaduc). Le projet de viaduc a été rapidement écarté pour des raisons d’ingénierie. En effet, en plus de se retrouver avec une structure très élevée du fait que la voie ferrée se situe 4 mètres au-dessus du terrain naturel, cette salutation crée une pente abrupte de 10 % au niveau de la chaussée sans offrir un espace de dégagement sécuritaire suffisant. Elle aurait également généré des problèmes de bruit pour le secteur avoisinant. Au final, deux options ont été retenues : le passage à niveau et le tunnel », expliquait la Ville dans la brochure descriptive des deux projets soumis à la consultation.

C’est le conseiller du district Sacré-Coeur, David Bousquet, qui s’était fait le grand défenseur de l’option « tunnel », lorsque, à son arrivée au conseil municipal, la Ville se dirigeait vers l’aménagement d’un simple passage à niveau. M. Bousquet sait que l’idée d’un viaduc a été ravivée aux tables consultatives du maire Corbeil réunissant des « sages » et des « jeunes » du milieu des affaires, mais il n’en a pas encore entendu parler au conseil. « Nous, à l’époque, on avait évacué cette option-là parce que ça nécessitait une structure beaucoup trop longue et imposante. Ça créait un écran visuel et un problème de bruit pour le voisinage. Mais doit-on refaire tout le débat qui a déjà eu lieu? À un moment donné, la décision doit se prendre, et selon moi, elle a été prise la dernière fois. Si ce n’était pas de la recherche de subventions, on en serait à l’étape de la réalisation », a-t-il commenté.

Selon l’échéancier présenté à l’automne 2012, le tunnel aurait pu être inauguré dès l’automne 2015 si le CN, maître d’oeuvre du projet, n’avait pas été stoppé dans ses préparatifs après les élections municipales de novembre 2013. Le projet avait été chiffré à 28,7 millions $ par le CN, une facture gonflée de 12 millions $ par la nécessité de créer deux voies ferrées temporaires de 1,2 km pour contourner le chantier.

Gagnon approuve

C’est précisément ce qui fait dire à André H. Gagnon, ancien conseiller municipal et membre de la « table des sages » du maire Corbeil, que l’hypothèse du viaduc mérite d’être réexaminée.

« J’ai manqué l’assemblée des sages du 10 mars parce que je suis revenu de Floride avec une pneumonie, mais je lui ai quand même donné mon opinion là-dessus. Je ne crois pas les ingénieurs qui ont dit un jour que le viaduc serait trop élevé. Sur La Grande-Allée, à Mont Saint-Hilaire, ils l’ont fait et c’est très haut aussi. Personnellement, je suis persuadé qu’on peut passer par-dessus. Il y aurait peut-être un peu moins de bruit avec un tunnel, mais ce serait plus facile d’entretien », estime-t-il.

Étant donné tous les projets coûteux qui attendent la Ville de Saint-Hyacinthe, à commencer par celui du centre des congrès, M. Gagnon considère que le maire Corbeil fait bien de se pencher à nouveau sur une option qui, si elle est réalisable, fera épargner plusieurs millions de dollars à la Ville, tout en lui évitant le passage à niveau.

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