9 juillet 2015
Cordo : l’art après Paris
Par: Amilie Chalifoux
« En choisissant les galeries dans lesquelles sont exposés mes tableaux, j’ai davantage le temps pour travailler mes techniques », Vincent Cordeau.

« En choisissant les galeries dans lesquelles sont exposés mes tableaux, j’ai davantage le temps pour travailler mes techniques », Vincent Cordeau.

Depuis 2014, la série Moulin Rouge est le plus grand projet de la carrière de Vincent Cordeau à ce jour.

Depuis 2014, la série Moulin Rouge est le plus grand projet de la carrière de Vincent Cordeau à ce jour.

En 2014, Vincent Cordeau a connu sa plus « grosse » année au niveau de sa production artistique. Inspiré par son voyage à Paris, il a créé la série Moulin Rouge qu’il considère comme étant la plus peaufinée à ce jour. Mais ­l’artiste-peintre a été forcé de constater qu’il y a toujours deux côtés à une médaille.

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« La série Moulin Rouge est celle qui ­représente le mieux ce que je veux ­communiquer », raconte Vincent Cordeau en entrevue avec LE COURRIER.

La femme et le temps qui file sont les principaux sujets qu’il explore avec ses toiles. « Le temps est un luxe que les femmes n’ont pas », précise l’artiste. C’est la raison pour laquelle la sensualité et le vin font partie intégrante de ses tableaux.

Déception au passage

En 2013, une opportunité unique s’est présentée au Maskoutain. Une dizaine de ses toiles ont été exposées à Bordeaux. L’artiste a donc profité de l’occasion pour faire le tour des galeries de Paris afin d’y décrocher des contrats. La plus ­prestigieuse d’entre elles, la Galerie ­Bartoux, accepta d’accueillir ses toiles chez elle.

« Je me suis présenté, j’ai présenté mes tableaux et ils m’ont signé sur-le-champ. Ma vie venait de changer d’un seul coup. Je venais de signer avec l’une des plus grosses galeries de France! »

Mais une embûche se présenta en ­chemin. Le rêve de l’artiste tourna quasi au cauchemar à un point tel que l’artiste décida d’y retirer ses oeuvres.

« Pendant un an, j’ai été comme un ­nouveau joueur de hockey à qui l’on ­n’accorde pas de temps sur la patinoire. Mes tableaux n’ont pas eu la lumière dont ils auraient dû mériter. J’ai donc mis fin au contrat. »

Le bon côté

Son contrat avec la galerie d’art lui aurait certes ouvert plusieurs portes d’entrée. Mais rien n’est jamais tout noir. Les oeuvres signées Cordo habillent les murs d’une dizaine de galeries au Québec et à l’international. Puis, avec trois enfants âgés de 6 à 2 ans et un travail à temps plein, l’artiste se dit tout à fait à l’aise avec sa décision.

« Au niveau où je suis rendu, apprendre à dire non est une façon de protéger ma ­carrière pour ne pas tomber uniquement en mode de production. Cela pourrait être néfaste pour la création. En choisissant les galeries dans lesquelles entrent mes tableaux, j’ai davantage le temps pour ­travailler mes techniques. »

Son voyage en Europe aura d’ailleurs été pour lui une grande source d’inspiration. Il a fait un arrêt à Montmartre, au Moulin Rouge, puis rentra au Québec avec de­ ­nouvelles idées pour une série qu’il ­nomma en l’honneur du cabaret ­légendaire.

« Ma visite au Moulin Rouge m’a ­beaucoup inspiré pour mes tableaux. J’ai ajouté des lacets aux corsets des femmes et j’ai intégré de nouvelles textures comme le velours, la dentelle et les ­brillants. »

Lancée en 2014, la série Moulin Rouge occupe encore son esprit. Il s’agit du plus grand projet de sa carrière à ce jour.

« Dès qu’un tableau est terminé, j’en ai un autre à l’esprit. Un encore ­meilleur, encore plus beau, encore plus lumineux que le précédant et où la femme est ­toujours à son meilleur dans sa féminité et sa sensualité. Je ne suis pas prêt à ­laisser partir ce projet parce que je n’ai pas encore tout dit ce que j’avais à dire. »

Depuis maintenant six ans, les ­Maskoutains peuvent admirer les oeuvres de Vincent Cordeau au ­restaurant ­L’Espiègle. Pour plus ­d’information sur l’artiste et ses oeuvres, on peut consulter son site Internet à l’adresse www.cordo.ca.

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