21 janvier 2021
Couvre-visage obligatoire aux Salines, accès réservé aux résidents de la MRC
Par: Maxime Prévost Durand

Même avec l’obligation de porter un couvre-visage, les familles maskoutaines ont réussi à avoir du plaisir sur les pentes du parc Les Salines. Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©

En plus de contrôler l’accès aux stationnements, les employés déployés à l’entrée du site doivent maintenant vérifier le lieu de résidence des visiteurs puisque le site est dorénavant réservé uniquement aux résidents de la MRC des Maskoutains. Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©

Tous n’étaient pas au courant de l’obligation de porter le couvre-visage ou un cache-cou et des surveillants étaient présents pour le rappeler. Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©

Une famille qui s’apprête à faire une randonnée en raquettes, portant chacun un couvre-visage. Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©

Devant la très forte popularité du parc Les Salines dans les dernières semaines, qui donnait lieu à un certain laxisme dans l’application des mesures sanitaires, la Ville de Saint-Hyacinthe a décidé d’imposer des directives plus sévères. Depuis samedi, le port du couvre-visage ou d’un cache-cou est obligatoire sur l’ensemble du site. L’accès est aussi réservé strictement aux résidents de la MRC des Maskoutains.

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« La pratique des activités de plein air est essentielle pour la santé, mais le respect des consignes sanitaires l’est encore plus », a souligné le maire de Saint-Hyacinthe, Claude Corbeil, dans un communiqué annonçant les nouvelles directives. Il a évoqué « la présence accrue de visiteurs des autres régions » et un accès au parc « régulièrement saturé » pour expliquer cette décision.

Depuis les Fêtes, il n’était pas rare de voir le parc Les Salines être bondé et les autorités municipales ont remarqué qu’on y retrouvait de plus en plus de rencontres sociales. Des attroupements étaient observés près de la pente à glisser, du chalet de services et de la patinoire notamment, a indiqué au COURRIER la directrice des communications de la Ville, Brigitte Massé. « Ça devenait très difficile à contrôler », a-t-elle soutenu.

« Le conseil aurait pu décider de fermer carrément le parc [en raison du trop grand achalandage et du non-respect des mesures sanitaires], mais ce n’est pas ce qu’on souhaite du tout », a poursuivi Mme Massé, estimant que les nouvelles directives sont le fruit d’une réflexion visant à « trouver le compromis le plus agréable ».

La distanciation de deux mètres et la pratique d’activités en solo ou avec la bulle familiale doivent aussi continuer d’être appliquées.

Entre frustration et compréhension

Cette annonce de la Ville de Saint-Hyacinthe a soulevé les passions sur les réseaux sociaux, où plusieurs personnes ont témoigné leur frustration en lien avec l’obligation de devoir porter un masque dans un lieu extérieur. Sur le terrain, les avis étaient aussi partagés, mais la plupart des personnes rencontrées par LE COURRIER dimanche matin se montraient compréhensives à l’égard de cette mesure.

« On le mettait déjà de toute façon [notre couvre-visage], alors ça ne change pas grand-chose pour nous. On a fait notre deuil, on doit le porter partout maintenant », a mentionné une habituée des Salines à la fin de sa randonnée en ski.

« Pour la course, ce sera plus difficile avec un masque. Je vais peut-être aller courir en ville à la place, plutôt que de porter un masque ici », a ajouté la personne qui l’accompagnait.

« C’est ce que ça prend », a répondu une autre personne rencontrée, même si elle a avoué « se donne[r] la liberté de l’enlever dans les sentiers quand [elle] ne croise pas d’autre monde ».

« Il n’était pas question de ne pas venir dehors [malgré cette mesure] », s’est exclamé un autre adepte de plein air alors qu’il s’apprêtait à enfiler ses raquettes.

Le message ne s’était toutefois pas rendu jusqu’à tous les citoyens puisque quelques-uns n’étaient tout simplement pas au courant de cette nouvelle mesure. Il semble qu’on ne transmettait pas cette information à l’entrée du stationnement, là où on vérifiait pourtant le lieu de résidence des visiteurs.

« Je n’étais pas au courant », a dit l’un des citoyens interpellés par LE COURRIER. Une fois informé des nouvelles mesures, il semblait mi-figue, mi-raisin. « C’est une bonne chose de restreindre l’accès aux gens de la MRC, mais pour le couvre-visage… À l’extérieur, je ne vois pas l’intérêt honnêtement, mais je comprends la mesure », a-t-il laissé tomber, avant de retourner à la voiture pour se munir d’un masque.

Malgré la présence de surveillants dans les sentiers et sur la pente à glisser, on pouvait remarquer plusieurs personnes sans masque. Lors de son passage, LE COURRIER a été témoin d’une seule personne interpellée sur la pente à glisser en lien avec le couvre-visage.

« Les surveillants nous ont dit qu’on n’était pas dans la bonne direction tout à l’heure, mais ils ne nous ont pas dit que le masque était obligatoire », a confié un couple croisé dans les sentiers et qui ne portait pas de couvre-visage. Les personnes sans couvre-visage ont surtout été remarquées dans les sentiers, où la distanciation pouvait facilement être respectée.

Des surveillants nous ont indiqué ne pas avoir une approche « militaire » concernant l’obligation du couvre-visage, particulièrement dans les sentiers où on retrouve souvent moins de gens. « Ça va bien, les gens le respectent assez bien », ont-ils affirmé.

Quant à l’interdiction de l’accès aux non-résidents de la MRC des Maskoutains, les citoyens rencontrés se sont montrés favorables à cette décision de façon quasi unanime. Quelques visiteurs de l’extérieur, provenant de Beloeil notamment, ont dû rebrousser chemin durant la fin de semaine.

Résultat des nouvelles mesures en place ou de la température, le parc Les Salines a été beaucoup moins achalandé cette fin de semaine que dans les dernières semaines.

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