2 avril 2020
COVID-19 : routineet persévérance
Par: Martin Bourassa

Habitué des courses en haute mer, le Dr Robert Patenaude a appris à vivre dans la solitude et l’isolement volontaire. Il suggère aux gens d’établir des routines et de s’occuper l’esprit. Surtout, de ne pas écouter de bulletins de nouvelles avant de se coucher! Photo gracieuseté

À propos de l’isolement et des mesures de confinement, le Dr Robert Patenaude est devenu par la force des choses une sommité dans le domaine, son expérience de marin aidant. Pour la petite histoire, sachez qu’il est devenu en 2009 le tout premier Canadien de l’histoire à remporter la prestigieuse course de voiliers Bermuda One-Two entre Newport (É.-U.) et les Bermudes, en plus de compléter avec succès la grande Transat Québec/Saint-Malo avec trois autres équipiers.

 

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Naviguer dans la solitude et vivre confiné sur un voilier en plein cœur de l’océan lui ont appris deux ou trois choses. À notre demande, il a accepté sans prétention de les partager avec les lecteurs du COURRIER. Juste pour aider et prévenir.

« Lavez-vous les mains et restez à la maison autant que possible, ça reste la recette de base. Pour ceux qui sont à la maison, il faut s’occuper et s’occuper l’esprit. Se faire des routines serait une bonne chose à faire. Je conseillerais aussi aux gens d’écouter les nouvelles, mais pas trop. Une fois par jour en plus de suivre le bilan du premier ministre. Il est préférable de ne pas écouter les bulletins de nouvelles avant de se coucher ou de lire sur la crise et la pandémie avant de se mettre au lit. Il vaut mieux doser l’actualité pour limiter son niveau de stress. »

Ah oui, mentionnons que le Dr Patenaude était de ceux qui ont tenté de décourager les gens de voyager avant même que la crise ne se pointe le bout du nez chez nous. « Depuis le 20 février, je disais à ceux qui me demandaient mon avis de ne pas aller en voyage à l’étranger ou en croisières. Je leur disais qu’il n’y avait pas de chances à prendre, mais les gens n’écoutaient pas vraiment. Pourtant, aux nouvelles, on voyait déjà la COVID-19 se répandre sur la planète. Ceux qui sont partis en voyage le 4 ou 5 mars, je ne comprends pas. Il aurait fallu être un peu plus responsables. »

Il se doute bien que le pire de la crise est encore à venir et qu’il faudra consentir à faire bien des sacrifices personnels et collectifs pour s’en sortir. Il faudra de la persévérance. Beaucoup et encore.

C’est d’ailleurs son mot fétiche depuis toujours. Lorsqu’il a été consacré Personnalité de l’année 2012 par Le Courrier de Saint-Hyacinthe et la Chambre de commerce de la grande région de Saint-Hyacinthe, Robert Patenaude disait ceci à propos de la persévérance. « Ce mot veut tout dire. Il sous-entend les mots travail, motivation, réussite et espoir. »

C’est le nom que portait son bateau à ce moment et le nom d’un défi sportif alliant vélo et course à pied qu’il avait lancé il y a quelques années auparavant afin de soutenir la recherche contre le cancer. Avec la COVID-19, le mot « persévérance » est plus que jamais d’actualité.

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