19 novembre 2020
COVID : surventilation et baisse du taux de CO2 dans les écoles
Par: Jennifer Blanchette

Le directeur des ressources matérielles du CSSSH, Jean-François Soumis, affirme que l’air qui circule dans les établissements scolaires de Saint-Hyacinthe répond aux normes exigées par le gouvernement. Photo gracieuseté

Le Centre de services scolaire de Saint-Hyacinthe (CSSSH) affirme appliquer avec rigueur les nouvelles directives données par le gouvernement concernant la qualité de l’air dans les écoles. En effet, chaque établissement du territoire maskoutain est équipé d’un détecteur de dioxyde de carbone (CO2) et doit s’assurer de surventiler ses locaux plusieurs fois par jour.

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« Nous avons augmenté le nombre de changements d’air à l’heure dans les bâtiments et nous insistons pour que les usagers qui doivent ouvrir les fenêtres prennent la consigne au pied de la lettre. Cela devrait donc améliorer la qualité de l’air dans les immeubles et réduire les risques de propagation [du coronavirus] », a souligné le directeur des ressources matérielles du CSSSH, Jean-François Soumis.

Dans son Document de référence sur la qualité de l’air dans les établissements scolaires, mis à jour en octobre dernier, le ministère de l’Éducation indique que la concentration de CO2 devrait se limiter à 1000 parties par million (ppm) dans les nouveaux bâtiments ventilés mécaniquement. Pour les locaux ventilés par des fenêtres, le taux de CO2 ne devrait pas excéder 700 ppm de plus que la concentration dans l’air extérieur.

M. Soumis a confirmé que le CSSSH vise à atteindre les 1000 ppm pour tous ses établissements. « Les écoles ont en leur possession les équipements nécessaires pour s’assurer que les fenêtres soient ouvertes de façon suffisante afin de respecter la consigne donnée par le Ministère », fait-il valoir.

Pour y parvenir, les 38 écoles situées sur le territoire maskoutain sont munies de détecteurs de CO2. Celui-ci peut être portatif, dans le cas des écoles ventilées manuellement, ou implanté dans le système de ventilation mécanique pour les établissements qui en sont dotés.

L’implantation de cette mesure précède toutefois le déclenchement de la pandémie. Elle s’est faite à la suite du rapport du Vérificateur général émis en 2012.

« Les usagers responsables de l’ouverture des fenêtres s’y exercent depuis plusieurs années, avance le directeur des ressources matérielles. L’idée, c’est de développer le réflexe d’ouvrir les fenêtres avant d’atteindre un niveau critique. Après un certain temps, on développe cette habitude grâce à notre nez, mais c’était important qu’ils se calibrent au départ avec un détecteur de CO2. »

Sur les 56 immeubles du CSSSH, environ 50 % d’entre eux sont desservis, en partie ou en totalité, par un système de ventilation mécanique. L’autre moitié des établissements est ventilée de façon manuelle en ouvrant les fenêtres.

Fenêtres ouvertes en hiver

Bien que les températures hivernales soient bientôt au rendez-vous, le CSSSH maintiendra l’ouverture des fenêtres comme technique de ventilation durant l’hiver.

Pour éviter des « inconforts thermiques » aux élèves situées à proximité du courant d’air, le CSSSH préconise la ventilation des locaux par « bouffées d’air » plutôt que de façon continue.

« Le matin, à la récréation, le midi et à la récréation de l’après-midi, nous en profitons pour changer l’air au complet de la classe et cela réduit grandement le nombre de polluants en suspension. Ceux-ci vont se rebâtir graduellement jusqu’à la prochaine récréation où nous recommencerons le processus », illustre M. Soumis.

Celui qui œuvre à titre de directeur des ressources matérielles depuis 14 ans ne peut toutefois quantifier le nombre de changements d’air effectués chaque heure dans les établissements. « On nous demande d’atteindre un niveau de CO2 et c’est ce que l’on fait. Maintenant, combien de fois les gens ont-ils ouvert les fenêtres à chaque heure pour changer l’air? Je ne peux pas vous le dire, mais je peux vous affirmer qu’ils travaillent pour atteindre le point de consigne de diminution des polluants. »

Dans son rapport émis en octobre, le ministère de l’Éducation exige six changements d’air à l’heure dans les nouvelles constructions et les locaux d’enseignement ventilés mécaniquement. Pour les locaux ventilés manuellement, un changement d’air par heure est exigé.

Rapport au gouvernement

LE COURRIER a obtenu une copie du rapport concernant l’état des lieux de la ventilation dans les écoles exigé au CSSSH, ainsi qu’aux autres centres de services scolaires de la province, par Québec.

Le document de trois pages intitulé Reddition de comptes 2020, Approche systématique de gestion de la qualité de l’air intérieur comporte une série de mesures et de procédures à suivre en lien avec la ventilation, l’entretien ménager et l’inspection des systèmes d’aération, entre autres. Celles-ci, à l’exception d’une seule, ont toutes été implantées comme prévu dans les établissements primaires et secondaires de la MRC des Maskoutains.

« La COVID n’a rien changé à notre mission d’offrir des milieux de vie sains, sécuritaires et confortables. La récente préoccupation des gens pour la ventilation n’est pas quelque chose de nouveau pour nous. Elle a seulement mis en lumière ce sur quoi nos équipes travaillent à longueur de semaine. C’est leur métier et leur chance d’être mis en lumière », exprime M. Soumis.

Il reconnaît toutefois que, pour les centres de services scolaires nécessitant des mises à niveau de leurs systèmes de ventilation, les nouvelles consignes données par le gouvernement représentent un « grand défi ». Selon lui, ces travaux de longues durées auraient difficilement pu être réalisés entre mars et septembre.

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