7 janvier 2016
CPE : des coupures qui font déborder le vase
Par: Le Courrier

Les travailleuses et travailleurs des Centres de la petite enfance (CPE) ­Alakazoum, Les Amis Gators, Les ­Coquelicots, Les Jardins Honorine, Le Carrefour des Chanterelles, Joujou

Nancy Rodier, vice-présidente responsable à la négociation du Syndicat des ­travailleuses et travailleurs en petite ­enfance de la Montérégie – CSN, est amère. « Nos travailleuses vont passer de drôles de fêtes. Un peu partout, c’est ­l’inquiétude : récemment, la ministre nous a annoncé une nouvelle vague de coupures, la troisième en autant ­d’années. Après les 170 millions des deux premières années, cette fois, elle veut 120 millions. Elle voudrait mettre fin au réseau public de CPE qu’elle ne s’y prendrait pas autrement! »

Mais ce qui touche particulièrement Nancy Rodier, c’est l’impact d’une telle annonce sur les travailleuses et ­travailleurs à quelques jours de la période de fin d’année. « Nous avons reçu ­beaucoup d’appels de travailleuses qui sont inquiètes. Les directions ont déjà recommencé à parler de coupures d’heures, de suppressions de postes, et ce, même si la ministre nous dit qu’elle réfléchit encore. Elle prétend consulter. Mais elle ne consulte pas les travailleuses, en tout cas », poursuit-elle.

De nature optimiste, France Laniel, ­présidente du Syndicat des travailleuses et travailleurs en petite enfance de la ­Montérégie-CSN, veut laisser passer la période des Fêtes avant de lancer un appel à la mobilisation. « Si la ministre persiste sur cette voie et que nous nous retrouvons ­effectivement avec de nouvelles coupures, il est clair que cela ne se fera pas sur le dos de nos conditions de travail », poursuit-elle.

« Cela suffit! Nous avons assez donné! Il y a des limites à ce que les travailleuses peuvent endurer. Si la ministre persiste à vouloir couper, elle nous retrouvera sur son chemin. Nous défendrons à la fois le réseau auquel nous tenons tant, comme citoyennes, mais aussi nos conventions collectives pour lesquelles nous nous sommes battues depuis des dizaines d’années. Pas question de mettre une croix sur tout cela juste pour respecter la ligne politique du parti au pouvoir! », clame-t-elle.

« La ministre est prévenue, les ­travailleuses des CPE, des garderies sont mobilisées! »

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