30 juillet 2015
Crainte fondée?
Par: Pierre Bornais
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Les producteurs agricoles ont profité de l’Exposition régionale pour faire part de leur crainte face aux négociations de libre-échange avec l’Asie Pacifique. Une fois encore, le programme de gestion de l’offre sera au coeur des discussions et les pressions seront très fortes pour qu’Ottawa consente à l’abolir. Ce qui serait catastrophique pour l’agriculture québécoise selon les porte-parole des agriculteurs.

Ce programme a été mis en place dans les secteurs du lait, des oeufs et du poulet afin de s’assurer que la production s’arrime à la demande. De sorte qu’un tel équilibre permet d’éviter la surproduction, les variations des prix et toutes les mesures de dumping pouvant déséquilibrer le marché. En contrepartie, les consommateurs paient plus cher que si le jeu de la concurrence jouait à plein.

Ceux qui défendent cette approche admettent que c’est le prix à payer pour garder une industrie agricole en santé et diversifiée. Les opposants estiment pour leur part que ce n’est pas au consommateur à assumer les frais de telles mesures, qui les privent en plus des économies d’un marché ouvert.

Les enjeux sont donc de taille puisque c’est l’avenir d’une forme d’agriculture fortement liée à l’essence même du paysage du Québec qui est en cause.De grands producteurs comme les États-Unis ou l’Australie, pour ne nommer que ceux-là, pourraient inonder le pays de leurs produits.

Mais la vraie question est de savoir si les Québécois sont disposés à assumer le coût du maintien du système en place. Rien n’est moins sûr, à la lumière des expériences récentes vécues par les producteurs de bleuets et de framboises qui peinent à prendre leur place dans la grande distribution.

Et avec un fédéral obnubilé par le pétrole et le boeuf, leur crainte possède une base réelle!

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