12 septembre 2013
Héros du jeudi
Cynthia Barrette
Par: Maxime Prévost Durand

Cynthia Barrette a dominé la dernière saison d’haltérophilie chez les juniors dans la catégorie 48 kg. Récoltant médailles par dessus médailles et battant à plusieurs reprises ses marques personnelles, Cynthia connait une ascension fulgurante dans les plus hauts niveaux de compétition au Canada.

La saison dernière, tu as pratiquement tout raflé chez les 48 kg junior, en plus de terminer au 3 e rang au Championnat canadien senior. Quelle est ta recette secrète?

La persévérance. Il faut se dire de ne jamais lâcher, de continuer. Je me présente à chaque entraînement en me disant de faire du mieux que je peux, même si des fois ça ne va pas super bien. L’an dernier, je devais gérer mon poids en plus, puisque j’étais toujours chez les 48 kg, ce qui n’était pas toujours facile. Mais je me poussais à travailler fort en me disant que j’allais monter de catégorie cette année et que j’allais ainsi m’améliorer afin de bien réaliser la transition entre les deux catégories.

À quoi penses-tu lorsque tu montes sur le plateau?

Je me concentre seulement sur ma barre, à la technique du lever et pas à d’autres choses. Même si l’entraînement ou le réchauffement n’a pas bien été, tu dois l’oublier et te concentrer à 100 % sur la barre que tu dois lever. Tu fixes le point, tu lèves la barre et c’est tout.

Cette saison, tu feras le saut dans une catégorie plus élevée, chez les 53 kg. Comment comptes-tu y faire ta place?

Cet été, tout s’est très bien déroulé à l’entraînement, j’ai réalisé de très bonnes performances. J’ai même été surprise des résultats obtenus, notamment en battant certains des records que j’ai réalisés en compétition. Je me dis que je suis capable de faire ma place chez les 53 kg aussi. En regardant la compétition, je crois qu’il y aura des moments où ce sera plus serré, mais on va essayer de s’en sortir. Je vise des podiums, c’est certain, mais je dois me dire en même temps que je change de catégorie. Ce n’est pas parce que j’ai connu de bons résultats chez les 48 kg que j’en aurai des aussi bons chez les 53 kg. Ultimement, j’aimerais me rendre au Championnat du monde junior qui se déroulera à Kazan, en Russie. Pour y arriver, je devrai lever un cumulatif de 161 kg. Si je réussis, ce sera super, si je n’y arrive pas, j’aurai au moins tenté ma chance.

Vous êtes plusieurs filles du club La Machine Rouge à exceller. Te sens-tu en compétition avec les autres?

C’est sûr. Même si elles ne sont pas dans ma catégorie nécessairement, j’essaie toujours de les battre. Ça nous permet à chacune de nous dépasser autant à l’entraînement qu’en compétition.

Ce qui t’allume dans l’haltérophilie?

Constamment être en train de donner le meilleur de soi, tenter de battre des records. Ce qui est plaisant avec l’haltérophilie, c’est que tu peux te comparer avec d’autres filles qui ont fait les records plusieurs années avant toi et tenter de les battre. C’est motivant de continuer à travailler fort en visant ces records.

Comment as-tu été initiée à cette discipline?

Le concierge de mon école primaire, Denis Desgranges, un entraîneur du club, avait mis des affiches un peu partout dans l’école lorsque venait le temps des inscriptions. Je ne faisais pas vraiment de sport à l’époque. Je ne savais pas trop ce qu’était l’haltérophilie, mais j’avais envie d’essayer. Au début je n’étais vraiment pas forte (rires), mais j’aimais ça parce que tu dois toujours faire plus, te pousser constamment pour t’améliorer.

Quels sacrifices dois-tu faire pour le sport?

Il y en a beaucoup. Par exemple, lorsque j’étais chez les 48 kg, je devais constamment surveiller mon alimentation. Je dois aussi me coucher tôt afin d’être en forme ou refuser de participer à certaines activités avec des amis afin d’être bien prête pour la compétition qui approche.

Dois-tu combattre certains préjugés qui peuvent être associés à la pratique de l’haltérophilie par une fille?

Pas du tout! Par exemple, à la rentrée, on devait se présenter dans le cadre de notre cours d’anglais et j’ai parlé de l’haltérophilie et des poids que je lève. Le gars derrière moi s’est exclamé « Oh mon dieu, je me sens faible tout d’un coup ». (rires) Généralement, les gens trouvent ça « cool » de voir une fille qui s’investit dans un sport.

L’accomplissement dont tu es le plus fière?

D’avoir participé au Championnat canadien senior à seulement 14 ans. Il n’y avait personne dans ma catégorie, j’en conviens, mais j’avais alors réussi cinq de mes six essais, battant certaines de mes marques. La compétition s’était très bien déroulée. Sur le coup, on ne s’en rend pas trop compte, mais après on se dit « Wow, j’ai vraiment été là, à cette grosse compétition, et ça s’est bien déroulé ».

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