3 septembre 2015
Daniel Beausoleil en marche pour l’alphabétisation
Par: Le Courrier
Daniel Beausoleil veut inciter les analphabètes à se mettre en marche.

Daniel Beausoleil veut inciter les analphabètes à se mettre en marche.

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Le 8 septembre, Journée internationale de l’alphabétisation, les Maskoutains sensibles à la cause de l’alphabétisation sont invités à accompagner Daniel ­Beausoleil dans une marche à travers la ville de Saint-Hyacinthe. Accompagné par Marcel Jobin, champion de marche olympique qui a accepté de le joindre pour la cause, Daniel Beausoleil parcourra la distance qui relie Sainte-Madeleine et Saint-Hyacinthe : la première d’une longue série de marches qu’il compte faire à travers le Québec pour faire connaître les difficultés rencontrées par les personnes analphabètes… et inciter d’autres personnes comme lui à se mettre en marche pour sortir de l’ombre.

N’ayant lui-même pas eu la chance ­d’apprendre à lire, à écrire et à compter en raison de difficultés d’apprentissage, M. Beausoleil a lui-même rencontré ­plusieurs obstacles au cours de sa vie. « Les gens ne se rendent pas compte de ce que ça représente comme difficulté de ne pas être instruit », dit-il.

En effet, comment peut-on travailler et, donc, gagner sa vie si on ne sait ni lire ni compter? Comment se retrouver dans une ville, consulter un menu au restaurant, se chercher un appartement et noter des rendez-vous importants lorsque les chiffres et les lettres sont un code que nous ne maîtrisons pas?

La route du quotidien est parsemée d’embûches pour les personnes analphabètes : en raison des difficultés que leur fait vivre leur situation dans un monde dominé par l’écrit, mais aussi en raison des préjugés à leur endroit. « Les gens pensent qu’on ne peut pas devenir ­autonome, qu’on ne pourra jamais aller sur le marché du travail, qu’on ne peut pas ­parler des choses de la vie parce qu’on n’est pas instruit. », affirme-t-il en ­référence à ce qu’il a lui-même vécu.

Ces préjugés tenaces nuisent à l’intégration des personnes analphabètes qui craignent trop souvent de s’afficher par peur d’être jugées et de vivre des abus.

Parce qu’affirmer qu’on est analphabète au Québec en 2015, c’est se montrer vulnérable : risquer qu’un commerçant malhonnête ne vous remette pas la ­monnaie exacte ou qu’un propriétaire mal intentionné ne tienne pas ses engagements en omettant volontairement de les écrire sur le bail…

C’est parce qu’il a vécu toutes ces ­réalités et qu’il souhaite amener les ­personnes à se pencher sur ce que lui et des milliers de personnes vivent à travers la province que Daniel Beausoleil a choisi de marcher le 8 septembre.

En 2015, l’analphabétisme est plus ­présent qu’on le croit : selon la Fondation pour l’alphabétisation, 1 personne sur 5 au Québec éprouve des difficultés ­majeures en lecture et en écriture et 1 million de ­personnes seraient analphabètes.

Soutenu par quatre organismes ­communautaires de la région (L’Aide pédagogique aux adultes et aux jeunes, le Parrainage civique des MRC d’Acton et des Maskoutains, le Collectif de défense des droits de la Montérégie et le Centre d’intervention jeunesse), Daniel parcourra le centre-ville de St-Hyacinthe avec M. Jobin et toutes les personnes désirant se joindre à la cause.

Vous avez envie d’appuyer Daniel? ­Rendez-vous au Parc Casimir-Dessaules vers 15 h le 8 septembre. Un forum de ­discussion sur la situation des personnes analphabètes suivra au Bilboquet, partenaire de l’événement, dès 16 h 30. Vous pouvez aussi faire un don à l’APAJ en contactant l’organisme. Pour plus ­d’informations sur l’événement, contactez l’APAJ (450) 261-0384 ou le Parrainage ­civique (450) 774-8758.

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