5 avril 2018
Les nouveaux maires dans la MRC
Daniel Paquette a imposé sa loi à Saint-Valérien-de-Milton
Par: Benoit Lapierre
Le maire de Saint-Valérien-de-Milton, Daniel Paquette. Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©

Le maire de Saint-Valérien-de-Milton, Daniel Paquette. Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©

Parmi les six nouveaux maires élus dans la MRC des Maskoutains en novembre 2017, Daniel Paquette est sans contredit celui qui a causé la plus grande surprise dans la région en délogeant Raymonde Plamondon de la mairie de Saint-Valérien-de-Milton, qu’elle occupait depuis 2005.

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Si ce résultat a pu étonner, le vainqueur soutient, de son côté, que la surprise a été moins grande dans sa propre municipalité. « Je ne la visais pas particulièrement, Mme Plamondon, mais c’était la direction que j’avais décidé de prendre, je voulais aller rencontrer les citoyens. J’aurais pu perdre, et ça aurait été correct aussi, mais j’ai gagné. Les gens ont décidé que le temps d’un changement était venu. »

Le désir d’accéder à la mairie lui était venu durant les six mois où il a travaillé comme employé saisonnier à la voirie municipale, juste avant les élections de 2017. « J’avais senti qu’il existait une certaine lourdeur administrative et qu’il était possible de modifier ça un peu. La municipalité engage des personnes compétentes qui peuvent prendre des décisions sans toujours passer par le conseil municipal », estime le nouveau maire, propriétaire à Saint-Valérien depuis 20 ans et résident depuis 10 ans. 

Dès son élection, il a commandé certains changements dans le fonctionnement de la municipalité, notamment au service des incendies. « Avant, c’était le chef qui s’occupait de tout. Je l’ai rencontré avec tous les officiers et je leur ai expliqué que, dorénavant, chacun devrait avoir une tâche à accomplir, une responsabilité, et que la hiérarchie devait être respectée. » 

Policier retraité, Daniel Paquette a œuvré durant 30 ans au sein du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), dont 15 ans à la section des enquêtes. C’est donc tout naturellement qu’à la MRC, il s’est retrouvé à la présidence du comité Sécurité publique. « Je comprends le langage de la police. Que ce soit au SPVM ou à la SQ, la structure reste la même : il y a la gendarmerie, les enquêtes. Ici, chaque municipalité a son policier-parrain désigné, ce qui facilite les communications. » 

Cela dit, le maire Paquette n’a pas digéré la hausse de tarif pour les services de la SQ que Québec a refilée aux municipalités en décembre, au moment même où elles adoptaient leurs prévisions budgétaires 2018. « Si les factures nous étaient arrivées un peu plus tôt, la contestation aurait été bien plus forte. Pour nous, c’est 19 % d’augmentation sans préavis, c’est un coût supplémentaire de 50 000 $, ce qui est beaucoup dans un budget comme le nôtre. On avait prévu installer de nouveaux jeux d’eau en 2018, mais là, on est obligé de reporter ça à plus tard. Qu’on nous dise que l’augmentation est causée par le nouveau contrat de travail des policiers, ça ne passe pas. Le gouvernement est en train de tuer les petites municipalités tranquillement pas vite et il faut réagir parce que ça n’a plus de bon sens »,s’inquiète-t-il.

Il constate aussi que les programmes de subvention sont de moins en moins accessibles, notamment parce que les délais d’inscription sont devenus trop courts. « Pour le chalet des loisirs [remplacement du clin], le programme concerné est sorti le 5 mars et on avait jusqu’au 29 mars pour produire notre demande. Mais pour ça, ca prend les plans, des soumissions : comment peut-on y arriver? »

 Il affirme que les politiques gouvernementales freinent le développement de Saint-Valérien et la privent de moyens qui lui permettraient d’augmenter ses revenus et de retenir des travailleurs chez elle. « Ici, ça nous prend de nouvelles constructions, mais c’est une guerre constante pour obtenir des autorisations. On a des entreprises qui cherchent de nouveaux employés, mais actuellement, ils n’auraient pas d’endroit où rester. On a un promoteur qui est devant la CPTAQ et qui attend pour construire 100 maisonnettes au camping La Détente. Un projet semblable à Sainte-Angèle a été accepté en 2002; si celui-là est refusé, il y a quelque chose qui ne fonctionne pas. »

Malgré toutes ces « réalités qui le chatouillent », le maire Paquette dit se sentir bien au sein de son conseil, où l’on ne retrouve qu’une seule autre nouvelle figure, Sophie Côté, verrière de renom. Mme Côté a défait Noëlle Jodoin, qui a été conseillère à Saint-Valérien durant 28 ans. 

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