25 septembre 2014
Dans la valise de Gina et Carlos
Par: Le Courrier

publicité

Il y a cinq ans jour pour jour, le 25 septembre 2009, Gina et Carlos dépliaient leurs bagages dans leur appartement de la rue Laframboise. Bon, il y avait bel et bien des vêtements, quelques photos de leurs parents et de leur filleule Carolina, un parfum pour lui et un bâton de rouge à lèvres pour elle… mais il y avait d’autres trucs, bien dissimulés, si bien que les douaniers n’y ont vu que du feu!

Originaires de Colombie, ils ont choisi Saint-Hyacinthe pour le caractère agroalimentaire de la région. Ingénieur en environnement et technicienne en laboratoire de santé animale, ils envisageaient de faire carrière dans leur domaine respectif. À leur arrivée, la Maison de la Famille des Maskoutains a pris en charge leur installation et c’est au Cégep, pendant leur francisation, qu’ils ont fait la connaissance d’Espace carrière et qu’ils ont entamé leurs démarches de recherche d’emploi. Évaluation comparative des diplômes, rédaction d’un CV, informations sur les entreprises qui recrutent, renseignements sur la communication interculturelle en entreprise… tout y est passé!

Comme prévu, Gina a rapidement trouvé un emploi dans un labo entraînant la fiesta dans l’appart de la rue Laframboise. Pour Carlos, le parcours a été différent. Les jours passaient et se ressemblaient tous : il remettait des CV, passait des entrevues, mais il lui manquait toujours quelque chose comme une expérience ou une formation québécoise, une meilleure maîtrise de la langue de bois, etc. Pourtant, comme Gina, Carlos transportait dans sa valise bien des trucs que les douaniers n’avaient pu voir.

Une valise plus que chargée

Il avait pris bien soin d’y glisser tout son coeur, ses rêves et son ouverture à connaître ces gens du Nord s’exprimant dans un joual chaleureux. Juste à côté de ses diplômes, il y avait déposé ses compétences, ses connaissances pro-fessionnelles, ses aptitudes en communication, son esprit d’équipe et sa passion pour le soccer.

Au fil des jours, Carlos s’était fait à l’idée d’occuper un poste de moindre responsabilité, son titre d’ingénieur n’étant pas reconnu ici. Chaque matin, il résistait à l’idée de travailler n’importe où. Conscient qu’il était plus rapide d’intégrer un poste ne requérant aucune spécialisation, il craignait les impacts négatifs de ce choix tels que le manque de temps pour chercher et pour rencontrer des personnes-clés dans son domaine, ne plus être à jour dans son expertise, etc. Après quatre mois de recherche active avec sa conseillère et de perfectionnement de son français à la Commission scolaire, Carlos s’était félicité de sa persévérance. Il était enfin remarqué par un employeur dans son domaine. Heureusement! Car c’est en intégrant un emploi spécialisé que Gina et Carlos décidaient de s’établir définitivement à Saint-Hyacinthe et d’investir temps et énergie pour une intégration réussie.

Des bagages qui rapportent

En dépliant ses bagages définitivement ici, le couple a contribué et continue de contribuer au développement économique et démographique de la région dans une perspective de développement durable. Avec ses qualifications, son savoir-faire, sa connaissance d’autres langues et son réseau de contacts international, le couple a importé une expertise riche, un accès aux marchés étrangers et des possibilités d’entrepreneuriat et d’innovation. En se joignant aux entreprises d’ici, il a contribué à la diversité et à la qualité de la main-d’oeuvre, critères que les nouveaux investisseurs considèrent pour s’établir ici, construire des usines, démarrer des commerces, bref, faire rouler notre économie, dynamiser notre région et maintenir notre qualité de vie.

Gina et Carlos ont dernièrement posé leurs valises dans leur nouvelle maison et le sac d’école de leur petit Raphaël est aussi rempli que celui de son père qui poursuit le perfectionnement de ses études un soir par semaine pour devenir ingénieur. Dois-je vous dire que le petit est inscrit dans la ligue de soccer l’été et dans celle de hockey le reste de l’année!

image