10 décembre 2015
Dans une classe à part
Par: Martin Bourassa
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Tous les collèges, les écoles et les niveaux d’enseignement ne sont pas égaux. Il y en a des plus choyés que d’autres.

Ces années-ci, le cas du ­cégep de Saint-Hyacinthe semble être une exception dans l’univers austère de l’éducation. Pendant qu’on coupe et compresse les dépenses à droite et à gauche, notre collège investit, grossit, prospère et n’en finit plus d’annoncer des projets, grands et petits.

À vrai dire, notre cégep détonne pour le mieux dans son environnement. Il suffit pour s’en convaincre de suivre un tant soit peu l’actualité. Pendant qu’on baisse le chauffage au cégep de l’Abitibi, qu’on abolit des équipes sportives au cégep de Victoriaville, qu’on coupe dans ­l’organisation de la collation des grades au cégep de Granby et qu’on enlève les poubelles des salles de classe au cégep de Jonquière afin de réduire l’entretien des locaux, Saint-Hyacinthe semble évoluer dans une galaxie parallèle.

Depuis deux ou trois ans, notre cégep multiplie les ajouts. De programmes, de personnel, de ressources, d’équipes ­sportives et d’équipements.

Au niveau des infrastructures, on vient de lancer la construction d’un complexe sportif et de génie civil de 8,4 M$, moins de trois mois après l’inauguration d’un terrain de football synthétique. Au printemps, ce sera la cafétéria que l’on agrandira enfin au coût de 1,5 M$. Et déjà, on prépare le terrain auprès des instances gouvernementales dans l’espoir de ­rehausser une fois de plus la capacité ­d’accueil du cégep, où le nombre­d’étudiants a littéralement explosé depuis quelques années, pour atteindre 4600.

Il faut savoir que notre collège profite pleinement de son positionnement ­stratégique en Montérégie, la deuxième région la plus peuplée au Québec et l’une de celles qui affichent le rythme de croissance le plus marqué d’ici 2036, ­selon l’Institut de la statistique. La population de la Montérégie affiche d’ailleurs une proportion de jeunes de moins de 20 ans (22,2 %) légèrement supérieure à la moyenne québécoise. Dans ce contexte, la direction du cégep semble désormais avoir compris que sa croissance passait par une présence et un recrutement intensif sur la Rive-Sud, plutôt que de miser sur les chimères de l’international. Au lieu de courtiser les étudiants en Tunisie, on a compris qu’il est plus profitable de miser sur Sainte-Julie. L’idée de la passe Écolo pour faciliter le déplacement de la ­clientèle est une initiative plus que pertinente.

Nous ne pouvons que nous réjouir et nous enorgueillir des succès du cégep de Saint-Hyacinthe, de son dynamisme et de sa force d’attraction. Toutes ces réussites ne sont certes pas étrangères à la qualité du travail et aux efforts du directeur ­général Roger Sylvestre et de toute son équipe de direction. Ils récoltent ­aujourd’hui ce qu’ils ont semé ces ­dernières années, ce qui profite à l’ensemble de la communauté maskoutaine.

Le principal défi auquel il faut continuer de s’attaquer collectivement, c’est celui de mettre en place des moyens de rétention attrayants et efficaces pour inciter cette belle jeunesse à demeurer ou à ­revenir s’établir à Saint-Hyacinthe au terme de leurs études. C’est un défi qu’il faudra relever et le plus rapidement sera le mieux.

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