18 août 2011
Dany Larivière enlève sa «garnotte», mais n’est pas au bout de ses peines
Par: Le Courrier
Mardi matin, Dany Larivière a du reprendre le cadeau d'anniversaire qu'il avait offert à son ex-conjointe dans la nuit de vendredi à samedi.

Mardi matin, Dany Larivière a du reprendre le cadeau d'anniversaire qu'il avait offert à son ex-conjointe dans la nuit de vendredi à samedi.

Le maire de Saint-Théodore-d’Acton, Dany Larivière, risque de se retrouver dans une situation délicate après avoir offert un cadeau d’anniversaire plutôt inusité à son ex-conjointe, soit une roche de près de 20 tonnes. M. Larivière devra comparaître au Palais de Justice de Saint-Hyacinthe relativement à une plainte pour méfait.

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L’ex conjointe de Dany Larivière, Isabelle Prévost, a eu la surprise de sa vie lors de son réveil le matin de son anniversaire, le samedi 13 août. Dans la nuit de vendredi à samedi, le maire de Saint-Théodore a livré une roche de près de 20 tonnes au domicile d’Annick Yergeau, une amie d’enfance qui héberge Mme Prévost, à Acton Vale.Les policiers du poste de la Sûreté du Québec (SQ) de la MRC d’Acton ont intercepté M. Larivière en pleine nuit alors qu’il procédait à la livraison du cadeau. « Les policiers ont fait les vérifications nécessaires afin d’inspecter le véhicule et le chargement de Dany Larivière pour voir s’il respectait les règlements du code de sécurité routière, a expliqué la porte-parole de la SQ, Valérie Bolduc. La SQ collabore avec des contrôleurs routiers afin de vérifier si le chargement respectait les normes. »Ils ont par la suite assisté à la «livraison du cadeau» afin de s’assurer qu’aucun dommage ne soit causé.C’est Annick Yergeau, la propriétaire du 745 rue Bonin, qui a porté plainte pour méfait, lors de la découverte de la gigantesque roche, vers 7 h 30 samedi matin. « Les policiers ont contacté M. Larivière afin de lui demander de venir chercher la pierre samedi après-midi, mais ce dernier a refusé », a précisé le sergent Allen Gleeton.Ce n’est que lundi, vers 16 h que les policiers ont rencontré M. Larivière et Mme Prévost afin de recueillir les plaintes des deux parties. « Les policiers de la SQ m’ont alors recommandé d’aller chercher la roche pour aider ma cause devant le procureur », a précisé Dany Larivière.M. Larivière devra comparaître au Palais de justice de Saint-Hyacinthe, le 3 octobre, pour méfait.Quant à Mme Prévost, les policiers enquêtent actuellement afin de déterminer si elle pourrait faire face à des accusations d’extorsion et de harcèlement. Les deux dossiers ont été remis à la direction des poursuites criminelles et pénales.M. Larivière a finalement déplacé la roche mardi matin, vers 7 h. Les policiers ont assisté au chargement afin de voir au bon ordre de la procédure. « Pour l’instant, je vais la mettre sur le terrain de mon entreprise d’excavation dans le parc industriel de Saint-Théodore. Je vais la garder en guise de souvenir, en espérant que cet épisode soit le dernier de cette saga », a-t-il expliqué.

Un citoyen, un père, un maire

« Je n’ai pas posé ce geste en tant que maire d’une municipalité, mais en tant que citoyen, en tant que père de famille qui ne voyait pas d’autres solutions. J’ai rencontré les policiers à plusieurs reprises pour harcèlement depuis notre séparation il y a trois ans, mais rien n’a été fait, a confié M. Larivière. Je sais que ce n’était pas le meilleur moyen de faire comprendre mon désespoir, mais c’est tout ce qui me restait. »Même si la plupart des conseillers de Saint-Théodore croient que le geste posé par le maire de la municipalité n’aura pas de répercussions sur l’image et le fonctionnement de la municipalité, certains élus désapprouvent le comportement de M. Larivière. « Je considère que cet acte relève de la vie privée de M. Larivière, mais en tant que préfet, on ne souhaite pas voir ce genre de comportement de la part d’un élu municipal, a commenté le préfet de la MRC d’Acton, Jean-Marie Laplante. Il n’a peut-être pas calculé l’ampleur de son geste avant de le commettre. Je crois qu’un maire a le devoir de représenter ces citoyens et être, en quelque sorte, l’image de sa municipalité. »Les conseillers municipaux croient quant à eux qu’il s’agit là d’un acte personnel. « C’est un citoyen comme un autre, a expliqué le conseiller Gilles Simard, lundi après-midi. Nous allons tout de même avoir une petite discussion pour éclaircir certains points au conseil municipal de ce soir. Il devra faire face aux conséquences de ses gestes en tant que citoyen. »

Un geste qui pourrait être lourd de conséquence

Selon Me Frederic Sylvestre, du cabinet Sylvestre et associés de Saint-Hyacinthe, cette blague qui peut sembler inoffensive aux premiers abords pourrait être lourde de conséquences pour M. Larivière. En plus de faire face à des accusations criminelles pour méfait, M. Larivière aurait contrevenu à plusieurs articles de la lois du code civil, criminel et de la Charte québécoise des droits et libertés de la personne.L’article 6 de la Charte québécoise des droits et libertés de la personne prévoit entre autres que toute personne a droit à la jouissance paisible et à la libre disposition de ses biens, sauf dans la mesure prévue par la loi et l’article 4 stipule que toute personne a droit à la sauvegarde de sa dignité, de son honneur et de sa réputation.Il pourrait aussi contrevenir à l’article 810 du Code criminel pour avoir troublé l’ordre public.

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