18 octobre 2018
Protection de la jeunesse
Davantage de signalements en Montérégie
Par: Benoît Lapierre
La directrice de la DPJ-Montérégie, Josée Morneau, était entourée d’un éducateur, Étienne Paquin, et d’une intervenante, Isabelle Tanguay, pour la présentation de son dernier bilan. Photo François Larivière | Le Courrier ©

La directrice de la DPJ-Montérégie, Josée Morneau, était entourée d’un éducateur, Étienne Paquin, et d’une intervenante, Isabelle Tanguay, pour la présentation de son dernier bilan. Photo François Larivière | Le Courrier ©

Les cas d’enfants vivant une situation potentiellement malsaine qui sont rapportés à la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) sont en plus forte augmentation en Montérégie que dans l’ensemble du Québec.

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Au cours de l’année 2017-2018, la DPJ-Montérégie a traité pas moins de 13 626 signalements, soit 37 par jour en moyenne, ce qui correspond à une hausse de 7,5 % par rapport aux données 2016-2017 (12 683 signalements). Pour tout le Québec – 96 044 signalements, dont 38 945 retenus (40,6 %) -, l’augmentation est de l’ordre de 5,3 %.

C’est ce que révèle, entre autres, le 15e bilan annuel de la DPJ, un bilan qui a été livré par Josée Morneau, directrice de la protection de la jeunesse et directrice provinciale de la Montérégie.

« À quoi attribuer cette augmentation? On essaie de comprendre. L’interprétation qu’on en a, c’est qu’il s’est fait beaucoup de sensibilisation auprès de nos partenaires sur l’importance de signaler, de ne pas rester avec une inquiétude, et que cela a peut-être joué. Des situations graves ont aussi été médiatisées et ça a sans doute augmenté la sensibilité de la population face aux abus, tout comme la série télévisée Fugueuse », a avancé Mme Morneau en commentant son rapport.

Des 13 626 signalements traités par la DPJ-Montérégie au cours de la dernière année, 8188 (60 %) n’ont pas été retenus après l’évaluation parce que celle-ci a démontré que la sécurité et le développement de l’enfant n’étaient pas compromis. Ce sont donc 5438 signalements qui ont fait l’objet d’un suivi, ce qui constitue là aussi une augmentation par rapport à 2016-2017 (4822 dossiers retenus). Dans ce cas, la hausse est de 12,7 %.

En revanche, Mme Morneau signale que le nombre d’adolescents contrevenants qui ont reçu des services de la DPJ a légèrement diminué en Montérégie, passant de 1825 à 1797. « La délinquance est en baisse et ça, c’est une belle nouvelle », lance-t-elle.

Richelieu-Yamaska

Sur le territoire du Réseau local de services Richelieu-Yamaska (RLS), qui englobe notamment Saint-Hyacinthe, Beloeil et Acton Vale et qui constitue l’un des neuf RLS de la vaste Montérégie, le nombre total de signalements retenus a augmenté, passant de 663 à 780. La hausse concerne tous les types de dossiers, ou presque : abandon d’enfant (de 2 à 3), abus physique (de 129 à 127), risque sérieux d’abus physique (de 8 à 17), abus sexuel (de 34 à 46), risque sérieux d’abus sexuel (de 18 à 25), mauvais traitement psychologique (de 144 à 167), négligence (de 206 à 216), risque sérieux de négligence (de 60 à 97) et trouble du comportement (de 62 à 83).

Les employés de divers organismes, dont ceux des services de santé, sont à l’origine de 40 % des signalements dans la région. Les autres signalements proviennent du milieu familial et de la communauté (25 %), du milieu scolaire et du milieu de garde (20 %) et, enfin, du milieu policier (15 %), des proportions qui valent aussi pour toute la Montérégie. On note qu’en 2017-2018, au Québec, 61 % de toutes les situations prises en charge par la DPJ concernaient des enfants de 12 ans et moins.

Mme Morneau a souligné que les effectifs de la DPJ-Montérégie sont constitués de 1200 personnes, dont 900 intervenants, des femmes en grande majorité, qui ont tous « la cause des enfants tatouée sur le cœur ». C’est le message qui figure en titre du dernier bilan des directeurs de la DPJ, lesquels rendent un hommage à ceux et celles qui se dévouent jour après jour en première ligne pour tirer des enfants de fâcheuses positions. « Tous font un travail remarquable, un travail délicat au cœur de la vie privée, à partir de simples signalements et auprès d’une clientèle non volontaire. On n’a pas conscience des situations qui peuvent exister dans certains foyers », a-t-elle ajouté.

Pour présenter son bilan, Josée Morneau était accompagnée d’une intervenante, Isabelle Tanguay, et d’un éducateur, Étienne Paquin, attaché au Centre jeunesse de la Montérégie et à son Campus de Saint-Hyacinthe, du 3000, avenue Pratte. Tous deux ont témoigné des défis qui les attendent quotidiennement et qu’ils doivent relever avec doigté.

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