25 juin 2015
De passage à Saint-Hyacinthe
David Veilleux en cinq questions
Par: Maxime Prévost Durand

Le premier cycliste québécois à avoir complété le Tour de France, David ­Veilleux, a participé récemment à la ­Cyclosportive Desjardins tenue à Saint-Hyacinthe, une activité réunissant plus de 170 cyclistes.

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L’activité a permis d’amasser près de 3 500 $ pour la Fondation Desjardins, dont l’action vise surtout la persévérance scolaire par des bourses.

LE COURRIER a profité de son passage en ville pour discuter quelques instants avec lui de ses projets et de son statut de retraité.

Comment se déroule l’après-carrière?

Quand j’ai pris ma retraite sportive, j’ai décidé de finir mon baccalauréat en génie mécanique. Depuis deux ans, je travaille là-dessus et je termine vendredi (le 5 juin). C’est un accomplissement pour moi. C’est sûr que le Tour de France, c’était quelque chose de très intense, j’y ai investi beaucoup de temps, mais j’ai ­aussi consacré beaucoup de temps à mes études et c’était important pour moi de les compléter. Je vais travailler à temps plein chez Cycle Devinci, en tant que ­gestionnaire du secteur route, à compter de juillet. Ce sera un nouveau défi. Je trouve ça intéressant de pouvoir jumeler mes deux passions.

Quand on voit les Québécois Dominique Rollin (Cofidis) et ­Antoine Duchesne (Europcar) lutter pour une place au Tour de France, ça donne le goût de ­retourner à la compétition?

Je vois souvent les compétitions, mais je sais quels sont les sacrifices qu’il faut faire derrière tout ça. L’année où j’ai fait le Tour de France, j’ai passé sept mois en Europe avec de l’entraînement quotidien. Les journées de repos, ce n’était pas pour faire tout ce que tu veux, mais plutôt pour être encore plus performant le ­lendemain. Si ma blonde me demandait d’aller marcher après mon entraînement, je lui disais non. Je n’avais pas beaucoup d’activités à l’extérieur du vélo. J’étais prêt à faire les sacrifices, mais je n’étais plus prêt à les faire autant vers la fin de ma carrière. Quand je vois ces courses-là, ça me rappelle des bons souvenirs, mais je suis content du choix que j’ai fait et de la vie que je mène maintenant.

Malgré la retraite de la compétition, combien de kilomètres David Veilleux parcourt-il en vélo chaque semaine?

Ces temps-ci je suis très occupé avec l’école, donc je n’en fais pas beaucoup, mais durant l’été je vais faire entre 60 et 80 km par semaine. Je fais aussi du vélo de montagne et un peu de jogging pour changer le mal de place. J’essaie de varier mes activités. Quand j’ai le temps, ce que j’aime le plus, ça reste une bonne sortie de vélo.

La relève au Québec est-elle bonne?

Il y a quelques cyclistes québécois sur le circuit nord-américain, donc c’est ­intéressant. Mais je crois qu’il manque de courses au Québec pour initier les jeunes. On a un gros bassin, c’est populaire, mais c’est un sport qui est encore aujourd’hui surtout pratiqué par les 40-50 ans je­ dirais. C’est un sport dispendieux et l’accès au premier vélo n’est pas toujours facile.

Tu restes encore impliqué dans la promotion du sport (Cyclosportive Desjardins, ambassadeur du Grand défi Pierre Lavoie). C’est important pour toi?

J’ai encore cette passion-là. Quand j’étais cycliste, c’était un peu égoïste parce que je faisais tout pour avoir la meilleure forme, je m’entraînais fort, je faisais des sacrifices et plein de compétitions. Je n’avais pas la chance de pouvoir partager cette passion ici parce que j’étais souvent en Europe. En revenant au Québec, ça me donne la chance de rencontrer les gens et de redonner un peu à la communauté. Je n’ai pas eu connaissance de l’engouement envers moi pendant le Tour de France, mais on dirait que lorsque j’ai ­arrêté, j’ai réalisé qu’au Québec il y avait beaucoup plus de gens qui me connaissent que je ne l’aurais imaginé. Dans ma tête, je n’ai rien fait ­d’extraordinaire. Oui, j’ai atteint mon objectif en participant au Tour de France, mais je ne pensais pas que les gens avaient suivi ça autant. C’est une façon de les remercier de leur support.

Ta prédiction pour le Tour de France?

Je ne sais pas trop. Contador a gagné le Giro d’Italie, ce qui est un bon signe de sa forme. Mais sera-t-il bon pour le Tour de France? Je ne le sais pas, c’est dur à dire. C’est difficile d’être en pleine forme pour le Giro ET le Tour de France, surtout qu’il est tombé, donc je ne crois pas que ce soit l’homme. Je crois que ça pourrait ­peut-être être davantage Chris Froome avec Vincenzo Nibali. Ce sera intéressant à voir.

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