24 mai 2018
Un centre de tri sur l’ancien site de Métaux Picard
DDI s’installe en grand à Saint-Pie
Par: Martin Bourassa
Patrick Dillaire, président de DDI centre de tri, n’est pas peu fier de sa récente acquisition du côté de Saint-Pie. Une toute nouvelle balance pour la pesée des poids lourds a été installée devant ce qui servira de siège social à l’entreprise.

Patrick Dillaire, président de DDI centre de tri, n’est pas peu fier de sa récente acquisition du côté de Saint-Pie. Une toute nouvelle balance pour la pesée des poids lourds a été installée devant ce qui servira de siège social à l’entreprise.

Deux ans après la spectaculaire faillite qui a emporté l’entreprise Métaux Picard de Saint-Pie, le site est sur le point de renaître sous une nouvelle vocation.

L’entreprise DDI de Saint-Hyacinthe va y opérer un centre de tri spécialisé dans la récupération de matériaux secs. « Nous serons très certainement l’un sinon le plus grand centre de tri au Québec, nos installations seront assez uniques, lance Patrick Dillaire, président de DDI centre de tri et des sociétés apparentées que sont Conteneurs DDI et DDI Environnement. Vraiment, l’endroit est parfait. C’est une bénédiction du ciel d’avoir pu trouver ça à proximité de Saint-Hyacinthe. »

C’est en janvier dernier que DDI a pu s’entendre avec le syndic responsable de la faillite de Métaux Picard afin d’acquérir le terrain de 722 000 pieds carrés sis au 750, Grand rang Saint-François, où l’on retrouve des bureaux administratifs ainsi que quelques entrepôts. Le montant de la transaction s’élève à 800 000 $, un prix largement inférieur à l’évaluation municipale actuelle de 1,5 M$. « Considérant toutes les améliorations qui ont été faites sur le site dans les dernières années d’opérations de Métaux Picard, il est permis de croire que quelques millions ont été investis ici. J’ai vraiment fait une bonne affaire », considère M. Dillaire.

À son avis, les craintes liées à une possible contamination des lieux et une évaluation alarmiste de l’institution financière au dossier auraient pu avoir pour effet de décourager certains investisseurs au moment de répondre à l’appel de propositions lancé à l’été 2016 par le syndic PricewaterhouseCoopers (PWC) afin de liquider les actifs. 

Au terme de huit mois de tractations, l’offre de DDI a finalement été acceptée. Un pari qui semble en voie de rapporter gros puisque les expertises que l’entreprise a fait réaliser ont révélé une faible contamination sur une partie très limitée du terrain. Des travaux de 200 000 $ sont prévus en septembre afin de corriger le tout. À cette somme s’ajouteront des investissements substantiels pour aménager les lieux selon les normes strictes imposées par le ministère de l’Environnement.

En règle et en mode croissance

Un porte-parole du Ministère a confirmé au COURRIER que le certificat d’autorisation avait été transféré de Métaux Picard au nouveau propriétaire des lieux au début du mois d’avril, ce qui permet d’y faire de la récupération de métaux. 

En ce qui concerne l’exploitation d’un centre de tri, l’obtention d’un second certificat d’autorisation est requise par DDI. Selon l’état des pourparlers en cours, ce document essentiel devait être délivré hier, ce qui permettrait l’ouverture du site d’ici quelques jours, selon M. Dillaire. Espérons-le, car il ne manque pas d’ambition. 

Son associé, Yan Jubinville, et lui comptent ouvrir le site aux entreprises et aux particuliers. La capacité de traitement au permis permettra en théorie d’y traiter bon an mal an environ 150 000 tonnes de matériaux, ce qui représente cinq fois le volume d’affaires actuel de DDI. « Nous sommes ambitieux, mais nous avons toutes les raisons au monde de l’être », assure Patrick Dillaire en rappelant l’expansion exponentielle prise par son entreprise depuis son lancement à Saint-Hyacinthe en mai 2015.

Cet ancien restaurateur recyclé dans la location de conteneurs à déchets est parti en bas de l’échelle avec un camion six roues et une vingtaine de conteneurs à déchets. Opérant sur un terrain d’à peine 29 000 pieds carrés, il avait pu traiter environ 6000 tonnes de résidus au terme de sa première année d’opérations.

Deux ans plus tard, le voici à la tête d’une société qui possède son propre centre de tri de 722 000 pieds carrés, une flotte de cinq véhicules et plus de 550 conteneurs en location. Aux six employés actuels, il projette d’en ajouter une bonne dizaine avec l’ouverture du centre de tri, puis une trentaine si la tendance se maintient.

« Cette croissance soutenue s’explique en grande partie par l’appui des entreprises et des grands entrepreneurs de Saint-Hyacinthe. Ils me font confiance en priorisant l’achat local auprès d’un gars de la place », conclut M. Dillaire. 

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