29 mars 2018
Des vols nolisés à partir de Saint-Hyacinthe
De chanteur international à pilote maskoutain
Par: Rémi Léonard
Michel Pascal sur le tarmac de l’aéroport de Saint-Hyacinthe devant le Cessna 421B Golden Eagle, premier appareil d’Axair Aviation. Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©

Michel Pascal sur le tarmac de l’aéroport de Saint-Hyacinthe devant le Cessna 421B Golden Eagle, premier appareil d’Axair Aviation. Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©

Une jeune compagnie aérienne est dorénavant en service à l’aéroport de Saint-Hyacinthe. Installée dans l’ancien restaurant en bordure de la piste, Axair Aviation veut offrir « une option efficace de transport aérien aux hommes et aux femmes d’affaires de la région », a expliqué au COURRIER son président, Michel Pascal.

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Son nom vous dit peut-être quelque chose. À travers une carrière de 47 ans dans la chanson, d’abord chez nous, puis aux États-Unis, en Europe et à travers le globe, Michel Pascal a pris part à de grandes productions comme Starmania et Notre-Dame de Paris, entre autres. Après les tournées mondiales et une partie de sa vie passée en Chine, il est revenu au Québec et c’est finalement à Saint-Hyacinthe que l’artiste a choisi de poser ses valises, il y a maintenant trois ans.

Le sexagénaire a alors démarré ce projet d’affaires dans le domaine de l’aviation, une passion qui n’est pas nouvelle pour lui puisque le chanteur est également pilote « par plaisir » depuis la vingtaine, a-t-il livré.

Après trois ans de démarches, Axair Aviation vient tout juste d’obtenir de Transports Canada son certificat d’exploitation aérienne et devient la première compagnie de vols nolisés basée à l’aéroport de Saint-Hyacinthe. Michel Pascal peut donc enfin commencer à transporter des clients dans son Golden Eagle, un Cessna bimoteur avec une cabine pressurisée de huit places qui a plutôt été aménagée pour accueillir « quatre places VIP », a-t-il précisé. L’appareil vole à environ 400 km/h, à 30 000 pieds d’altitude, « en tout confort au-dessus des nuages », a commenté le pilote.

Destinations personnalisées

Axair dessert les aéroports régionaux qui ne sont pas couverts par les gros transporteurs, comme ceux de Bromont, Sorel, Saint-Jean-sur-Richelieu ou Drummondville, par exemple. Avec un rayon d’action d’environ 1 000 kilomètres, les destinations plus éloignées au Québec, en Ontario ou aux États-Unis sont également accessibles pour des voyages d’affaires ou des expéditions touristiques, a spécifié Michel Pascal.

Il vise une clientèle qui sera attirée par l’aspect pratique de son service. « Je sais ce que c’est de partir de Saint-Hyacinthe pour prendre l’avion à Dorval », a-t-il assuré, évoquant le long trajet en voiture et les heures d’attente et de procédures à l’aéroport. « Avec nous, vous laissez votre voiture à l’entrée et on monte dans l’avion, tout simplement », fait-il valoir. Axair peut aussi se charger d’organiser un transport routier pour ses clients une fois arrivés à destination. Le service de vols nolisés, qu’il décrit rapide et flexible, est parfait pour les entrepreneurs qui veulent « se rapprocher de leurs clients », a affirmé Michel Pascal.

Ascension rapide

Il nourrit de grandes ambitions pour sa compagnie émergente, qui emploie aujourd’hui six personnes. « On ne va pas rester avec un seul appareil, on veut progresser rapidement », entrevoit-il. Croyant au potentiel économique régional de l’aéroport maskoutain, il souhaiterait aussi que la Ville de Saint-Hyacinthe achète éventuellement l’endroit, où il pourrait continuer de développer le service de vols nolisés. 

Le propriétaire de l’aéroport de Saint-Hyacinthe, Gabriel Chartier, partage évidemment lui aussi ce vœu, qu’il affiche d’ailleurs depuis longtemps. « Avec un aéroport régional appartenant à la Ville, ou à Saint-Hyacinthe Technopole, on pourrait faire encore mieux ici », a-t-il soutenu. Il cite en exemple l’aéroport de Drummondville, qui a récemment obtenu des millions en subventions du fédéral pour la réfection et le prolongement de sa piste, justement parce qu’il s’agit d’un aéroport municipal. M. Chartier dit aussi espérer qu’Axair Aviation remporte du succès. « C’est un plus pour la région. Je lui souhaite que ça marche », a-t-il commenté.

Mais Pourquoi chez nous?

Vous vous demandez encore comment un chanteur né à Montréal, qui a passé sa vie à parcourir le monde et qui a même été une période installé à Shanghaï, a fait pour finalement atterrir à Saint-Hyacinthe. Réfléchissez… c’est l’amour, bien sûr! C’est ici qu’il a rencontré Manon St-Sauveur, celle qui partage aujourd’hui sa vie ainsi que son projet d’affaires. Elle et son père, Normand, ancien propriétaire de Vulcanisation Royale, sont en effet partenaires dans l’entreprise.

Maintenant bien installé chez nous, le nouveau Maskoutain pourra continuer de fredonner le « Blues du businessman », chanson qu’il a interprétée 1 776 fois en spectacle et, lorsqu’il se posera sur la piste, ce ne sera pas celle de Rotterdam ou de Rio, mais celle de Saint-Hyacinthe. 

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