11 septembre 2014
Carte postale de Karl Pineault
De la blague naquit l’auberge nicaraguayenne
Par: Jennifer Blanchette
L’un des magnifiques levers de soleil auquel a eu droit Karl Pineault durant son séjour au Nicaragua. Photo courtoisie

L’un des magnifiques levers de soleil auquel a eu droit Karl Pineault durant son séjour au Nicaragua. Photo courtoisie

Véritable destination coup de coeur, c’est au Nicaragua que Karl (au centre), Laurent Champagne et Vincent Villemure-Duchesneau ouvriront leur auberge de jeunesse.  Photo courtoisie

Véritable destination coup de coeur, c’est au Nicaragua que Karl (au centre), Laurent Champagne et Vincent Villemure-Duchesneau ouvriront leur auberge de jeunesse. Photo courtoisie

Il faut vraiment que le Nicaragua soit une destination exceptionnelle pour qu’un Roxtonois ayant visité 45 pays choisisse d’y établir son auberge de jeunesse. Ou peut-être pas. Entre la luge volcanique, le surf et les magnifiques villes coloniales, le coup de coeur survient rapidement sur cette terre d’Amérique centrale.

publicité

Véritable globe-trotter, Karl Pineault compte parmi ceux qui, après avoir goûté à la vie du Sud, en redemandent sans cesse. La preuve, ses deux amis et lui comptent bien avoir démarré l’auberge Free Spirit Hostel au Nicaragua en mai prochain.

Le jeune homme de 24 ans a découvert les charmes du pays lors d’un périplede deux mois et demi au coeur des Amériques, il y a trois ans.

Entre le Guatemala, le Honduras et le Costa Rica, Karl s’est posé au Nicaragua, où il a découvert une forte culture latine. « Là-bas, on ne retrouve pas de McDonald’s, tout est typique de l’Amérique du Sud », lâche-t-il en riant.

Il se souvient notamment de ses expériences dans les transports en commun, lesquels sont réputés pour être rarement à l’heure et bondés à l’excès. « J’ai déjà fait un trajet sur le toit de l’autobus! Je revenais de faire du surf et puisque j’étais trempé, le chauffeur ne voulait pas que j’embarque dans le bus. Le pire, c’est qu’il y avait trois autres personnes avec moi sur le toit… Comme quoi ça n’a rien à voir avec ici », témoigne Karl, qui a fait ses études secondaires à la Polyvalente Hyacinthe-Delorme.

Pour les backpackers comme le jeune homme, le faible coût de la vie ajoute aux plaisirs de découvrir la destination aux forêts luxuriantes. « Lorsque les gens me disent qu’ils aimeraient visiter le Costa Rica, je leur parle plutôt du Nicaragua, car c’est très semblable, pour la moitié du prix. »

Rien d’étonnant, puisque le Nicaragua est considéré comme le troisième pays le plus pauvre des Amériques. Malgré cela, Karl affirme qu’il « n’a pas senti que les gens étaient pauvres, car tout le monde est heureux. Avec quelques dollars par jour, ils arrivent à bien se nourrir. Les touristes ne se sentent pas en danger parce que les citoyens n’en veulent pas à leur argent. »

N’ayant pas encore succombé aux hordes de touristes comme son voisin costaricien, le pays dont la forme rappelle celle du triangle permet à ses visiteurs de se nourrir pour 2 ou 3 $ par repas, de prendre l’autobus local pour 0,50 $ et de se loger dans une auberge de jeunesse pour 12 $ la nuitée, énumère le voyageur.

Créer une 4e destination

Rares sont les pays dont la capitale ne suscite pas l’intérêt des voyageurs. Pourtant, Karl Pineault recommande de ne pas s’attarder à Managua pour profiter pleinement de la côte Ouest, le paradis des surfeurs.

« Au Nicaragua, tu peux surfer du matin jusqu’au soir et il y a des vagues pour tous les goûts. Ce qui est bien, c’est que contrairement à l’Australie, par exemple, les autres surfeurs ne te jugeront pas si tu rates ta vague. Ils vont plutôt te donner des conseils. Il faut comprendre qu’il y a parfois une vingtaine de surfeurs qui attendent une bonne vague qui ne vient pas souvent », explique-t-il.

Il a d’ailleurs profité des meilleures vagues dans la ville de San Juan del Sur, une municipalité ultra touristique bordée par l’océan Pacifique et située non loin de la frontière costaricienne.

« C’est une grosse place pour faire le party », glisse au passage le jeune homme.

Les soirées festives peuvent aussi se poursuivre à León, la capitale de la vie étudiante. « J’ai eu un beau coup de coeur pour cette ville-là. Elle est située à environ 15 minutes de la plage et en raison de l’architecture, on s’y sent comme à Québec, les nombreux étudiants compris. C’est très dynamique et idéal pour ceux qui aiment sortir. »

Impossible de passer sous silence une activité complètement folle que certains pratiquent à proximité de León : la luge volcanique. Juchés sur le volcan Cerro Negro, les adeptes de ce sport enfourchent leur luge et glissent sur le flanc de terre noire à des vitesses pouvant atteindre 70 km/h. Après avoir vu des gens plutôt amochés, Karl a préféré s’abstenir afin de ne pas hypothéquer la suite de son voyage.

Il s’est plutôt dirigé vers Granada, « la troisième ville que les gens visitent pour ensuite quitter le pays ».

Avec son projet d’auberge de jeunesse, Karl, accompagné par Laurent Champagne et Vincent Villemure-Duchesneau, souhaite offrir une 4e destination de choix aux voyageurs.

« Après avoir voyagé ensemble en Pologne, nous nous sommes mis à blaguer sur les projets que nous aimerions entreprendre et l’idée de l’auberge est venue. À force d’en parler, nous avons constaté que le Nicaragua figurait parmi les 10 meilleures destinations pour le surf et pour la croissance touristique dans les prochaines années », raconte Karl Pineault.

Le trio, qui bosse sur ce projet d’envergure depuis un an, mise sur un concept alliant le surf, le yoga et l’esprit de communauté entre les voyageurs et les locaux.

C’est donc quelque part sur les 200 km de côte pacifique du pays que les compères achèteront ou bâtiront le Free Spirit Hostel, dont les portes devraient ouvrir en mai 2015.

Visa d’investisseur valide pour cinq ans en main, les jeunes hommes quitteront le Québec le 9 octobre afin d’aller bâtir leur rêve au Nicaragua. « On veut sortir de la vie stressante d’ici. Quand le temps est ta plus grande richesse, tu n’as pas besoin d’être stressé », énonce sagement Karl.

D’ici au grand départ, le public est invité à financer le projet via le site Indiegogo.com. Plus de 13 000 $ ont déjà été amassés sur un objectif de 15 000 $, en plus des 100 000 $ que les trois amis ont économisé au cours de la dernière année.

image