27 septembre 2012
Loisirs d’été des enfants handicapés
De l’intégration à l’isolement
Par: Le Courrier

Si la mère de William, 6 ans, préfère voir son fils fréquenter le camp d’été de son quartier malgré son handicap physique, le père de Kellyane, lui, voudrait bien conserver un camp réservé aux enfants handicapés.

Stéphane Nadeau craint de voir l’intégration au camp régulier des enfants atteints de troubles mentaux prendre les allures d’un véritable isolement.

C’est ce qu’il a résumé dans sa réponse à un sondage que lui a fait parvenir le Mouvement Action Loisirs inc. (MALI) à la fin de l’été. Dès l’an prochain, les enfants handicapés qui étaient regroupés à Douville pourraient être redirigés vers les camps de leur quartier respectif. Ils y bénéficieraient, bien sûr, du même service d’accompagnement pour répondre à leurs besoins particuliers.« La décentralisation du service, ça m’inquiète », laisse tomber M. Nadeau, en expliquant la maladie liée au chromosome 22 dont est atteint la petite Kellyane. « Déjà, l’adaptation entre l’école et le camp d’été est difficile pour ma fille, malgré le fait qu’elle retrouve tous ses amis au sein du programme géré par le MALI. Dans le camp d’été régulier, elle ne connait personne! »Crise de colère, anxiété, sommeil agité : voilà qui décrit bien le quotidien de la fillette – et de ses parents – lorsque sa routine est brisée. Pendant deux, parfois trois semaines.« Ce qui m’inquiète, c’est qu’on ne fasse pas de distinction individuelle. Je comprends qu’un enfant ayant un handicap strictement physique qui se retrouve avec des enfants handicapés mentaux ne se sentira pas à sa place. Mais de la même manière, un enfant qui souffre de problèmes mentaux et qui a de la misère à se faire des amis ne se sentira pas à sa place dans un camp régulier. »La nouvelle formule « décentralisée » des camps d’été pour les enfants handicapés sera discutée cet automne à la Ville de Saint-Hyacinthe. Elle est rendue nécessaire par des travaux de rénovation du centre communautaire Douville, où était regroupé les enfants handicapés l’été, et par la réévaluation de l’offre de service municipal en matière de loisirs d’été pour la clientèle qui nécessite un accompagnement.« C’est normal que les enfants qui fréquentent la même école se retrouvent entre amis au camp d’été de leur quartier. Ça devrait être la même chose pour les enfants de l’école René-St-Pierre. Eux aussi devraient pouvoir bénéficier de la même logique et se retrouver ensemble l’été pour s’amuser. Se faire de nouveaux amis quand on a des problèmes mentaux, ce n’est pas un défi simple à relever », conclut M. Nadeau.

image