9 mai 2013
De l’Union Saint-Joseph à La Survivance (6)
Par: Le Courrier
Messieurs Napoléon Laplante, en 1939, et Lucien Brosseau, en 1960. (Archives du Centre d’histoire de Saint-Hyacinthe, CH085-001-001-E0456 et CH085-005-000-0093)

Messieurs Napoléon Laplante, en 1939, et Lucien Brosseau, en 1960. (Archives du Centre d’histoire de Saint-Hyacinthe, CH085-001-001-E0456 et CH085-005-000-0093)

La période Napoléon Laplante, 1937-1959

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La période Napoléon Laplante, 1937-1959

Les opérations de la nouvelle compagnie devaient évoluer de façon à faire face à la concurrence des autres compagnies d’assurance vie oeuvrant dans le même domaine. Les problèmes de rentabilité vécus par la majorité des sociétés de secours mutuels se devaient d’être corrigés avec ce nouveau statut. À ce propos, Claude Cardinal écrivait :

« Plus la société devenait importante, plus il y avait de mortalité et plus aussi, avec le temps, les coûts d’assurance, du fait de l’âge, croissaient. Ce système faisait en sorte que la « locale » gérait l’adhésion, la perception et les prestations, à partir de cotisations des membres. L’administration était payée à même une caisse-administration, les décès par la caisse-décès et ainsi de suite pour la couverture maladie ou juvénile. Pour minimiser les frais d’administration, le bénévolat s’imposait d’autant plus naturellement que la société de secours mutuels tenait tout autant de l’assurance que de l’amicale ou d’une organisation sociale. Ce système était miné, car il ne permettait pas l’accumulation de réserves suffisantes pour garantir à tous les membres le paiement intégral des indemnités promises. » Le 22 janvier 1937, le conseil d’administration de l’Union Saint-Joseph adoptait une résolution pour retenir les services de monsieur. Napoléon Laplante, diplômé en sciences commerciales et actuaire-adjoint à la compagnie d’assurance vie La Sauvegarde de Montréal. Entré en fonction, le 15 février 1937 à titre de gérant général au salaire de 2 600 $ par année. M. Laplante fut le principal artisan de la transformation des opérations de l’entreprise et du début de sa prospérité. Sous sa direction, entre 1938 et 1958, les assurances en vigueur ont passé de 2,1 millions de dollars à 41,8 millions de dollars, et les réserves atteignirent 432 000 dollars. On peut donc comprendre que cette prospérité et les besoins d’expansion des locaux permirent au conseil d’administration d’envisager la construction d’un nouvel édifice plus spacieux pour loger son siège social. Le choix du site se porta sur les immeubles voisins sur la rue Girouard entre l’édifice Breton et la rue Saint-Denis dont les bâtiments furent démolis et remplacés par l’édifice actuel construit par Quémont Construction de Montréal selon les plans de l’architecte Jacques Morin. Un incident malheureux survint au cours des travaux de construction : en effet, le directeur général Napoléon Laplante, qui avait mis de l’avant ce projet, décédait d’une crise cardiaque au cours d’un voyage d’affaires à Toronto, le 11 août 1959. La direction des affaires de la compagnie ne pouvait souffrir de retard : dès le 2 novembre 1959, Lucien Brosseau était invité à prendre la relève. Le 4 janvier 1960, La Survivance prenait possession du nouvel immeuble et le 9 septembre 1961, l’honorable Jean Lesage, premier ministre du Québec procédait à son inauguration officielle.

La période Lucien Brosseau 1959-1994

Lucien Brosseau, diplômé en mathématiques générales à l’Université Laval et en mathématiques actuarielles de la prestigieuse Université d’Édimbourg en Écosse, fut aussi un artisan du développement prodigieux de La Survivance.

Au cours des années, de nouveaux produits étaient lancés tels, l’assurance scolaire, l’assurance accident-maladie individuelle, l’assurance invalidité de longue durée, le salaire-accident-automobile et autres produits en rapport avec la santé. En 1968, l’assurance collective prenait aussi place parmi les produits offerts. En 1984, la compagnie innove en introduisant le système de commissions uniformes et nivelées pour la rémunération des agents : l’objectif, en outre de répartir sur cinq ans la rémunération de l’agent pour la vente d’un produit, visait l’amélioration de la conservation des clients. En 1986, en outre de compter sur la production des bureaux régionaux établis à Montréal, Hull, Québec, La Mauricie, les Cantons-de-l’Est, les Bois-Francs et Saint-Hyacinthe, la compagnie étendait ses opérations au Nouveau-Brunswick. Le nombre d’employés suivait la progression des affaires : ainsi, à l’occasion du cinquantenaire de La Survivance en 1988, 135 employés travaillaient au siège social, 19 employés oeuvraient dans les régions et 136 personnes agissaient à titre de représentants. En outre, les statistiques financières rappellent que les assurés avaient atteint le nombre de 364 000, que les assurances en vigueur s’élevaient au chiffre de 1 645 166 000 $, que l’actif était de 80 663 000 $ et que l’avoir des assurés se situait à 9 626 000 $. Cette solidité financière se comparait facilement à celle d’autres compagnies québécoises oeuvrant dans le même domaine. Après 35 ans à la tête de La Survivance, Lucien Brosseau, président et chef de la direction ainsi que président du conseil d’administration, prenait sa retraite le 31 décembre 1994. Le 9 octobre 2009, il décédait dans sa résidence de Saint-Hyacinthe à l’âge de 89 ans.

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