31 mai 2012
De mal en pis
Par: Martin Bourassa

Le conflit étudiant n’en est plus un, sinon à peine.

Le conflit étudiant n’en est plus un, sinon à peine.

Ce conflit est devenu le conflit du n’importe quoi, de toutes les causes, de tous les groupes de pression et même des gens sans cause qui descendent maintenant dans la rue casserole à la main pour faire du bruit. Manifester est devenu un happening que l’on pratique en famille au Québec. Qui l’eut cru?Et Saint-Hyacinthe est aux premières loges de tout ce tintamarre. L’idée des casseroles émane en effet d’un prof du cégep de Saint-Hyacinthe et elle s’est répandue comme une traînée de poudre sur les réseaux sociaux. Même la rue des Cascades a vu défiler son lot de casseroles tonitruantes ces derniers jours. Il y a aussi notre Léo Bureau-Blouin national, ancien élève de l’École secondaire Saint-Joseph et du cégep de Saint-Hyacinthe, directement impliqué dans les négociations avec le gouvernement.Un Léo qui parle bien, mais que l’on écoute peu, ou carrément plus.Son intervention lundi soir à Québec devant les manifestants a procuré un grand moment de télévision, mais a aussi prouvé à quel point ces derniers ne se sentent pas concernés par son discours. Il semblait y avoir très peu d’étudiants dans le lot.Plus ça va et plus on se dit qu’une très hypothétique entente avec les étudiants ne réglera absolument rien et ne fera pas taire la rue.Des élections? Pas sûr que ce soit un ticket garanti vers la résolution de quelque chose.C’est une option à envisager quand il ne reste plus rien d’autre, mais le résultat n’offre aucune garantie, surtout s’il fallait que les urnes favorisent les libéraux.La seule garantie que j’ai en ce moment, c’est qu’il faudra nous habituer au tintamarre des casseroles. On risque d’en voir et d’en entendre à répétition ces prochaines années au Québec. Toute négociation corsée avec les syndicats, toute politique controversée du gouvernement ou tout changement proposé qui indisposera un groupe donné sera désormais prétexte à taper sur un chaudron.Et je devine que cela fait sûrement l’affaire de nombreux syndicats.

M.B.

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