10 mai 2012
Carte postale de Rose-Marie Guèvremont
De partout à Amman
Par: Le Courrier

Désertique, bordée à l’ouest de deux mers – l’une Rouge, l’autre Morte -, la Jordanie se profile au coeur du berceau de la civilisation. Amman, sa capitale, se réclame d’être l’une des plus vieilles villes du monde à être toujours habitée. Elle accueille les populations des pays en conflit en quête d’un peu de répit… et au moins une Maskoutaine en quête de dépaysement.

Rose-Marie Guèvremont est une de ces personnes à qui aucune occasion n’échappe. Après avoir grandi à La Providence et obtenu son diplôme d’études secondaires au Collège Saint-Maurice, elle rejoint en 2001 les Forces canadiennes, alors qu’elle est encore étudiante au Cégep de Saint-Hyacinthe.

Elle complète par la suite un baccalauréat en Science politique avec double mineure en sociologie et en développement international à l’Université McGill avant de s’envoler une première fois vers l’Afghanistan en tant que militaire en 2007.Puis, entre deux missions en terres afghanes, elle complète une maîtrise en Science politique internationale et comparée à l’Université de Montréal.« À mon retour de mission à l’été 2011, j’ai pris la décision d’apprendre l’arabe. Ce n’était pas parce que j’avais eu la piqûre en Afghanistan, car contrairement à ce que plusieurs personnes croient, les gens n’y parlent pas arabe, précise-t-elle. C’était plutôt pour me distinguer des autres candidats potentiels aux emplois auxquels j’aspirais. Je parle couramment l’anglais et l’espagnol, mais cela est désormais monnaie courante dans le milieu du développement international. »Trois mois après sa première journée à l’Université de Jordanie, où elle suit un cours d’arabe intensif, Rose-Marie ne regrette pas ce grand déménagement. « Je suis très heureuse de mon choix. Le fait que j’aie vécu à l’étranger, notamment en Amérique centrale en Argentine, et que j’aie pas mal roulé ma bosse m’a beaucoup aidée à mon arrivée en Jordanie, car la culture ici est radicalement différente de la nôtre. C’est un processus d’adaptation quotidien! »Premier défi : s’habituer à l’appel à la prière, qui résonne des minarets pour la première fois vers 5 h du matin. « Encore aujourd’hui, il m’arrive de me réveiller! »Amman est en outre une ville cosmopolite et en constant mouvement. « Il y a beaucoup d’action, particulièrement dû au fait que la Jordanie est l’un des seuls pays de la région à être aussi stable, ce qui entraîne un important mouvement de population des pays environnants », explique Rose-Marie. De fait, la population d’Amman varie au rythme des conflits qui secouent les pays tout autour. « On se sent tout de même très en sécurité en Jordanie, poursuit-elle. Je me promène le soir sans crainte. Les gens sont très accueillants, généreux et intéressés. Ils veulent savoir d’où je viens, jaser et m’aider. »Les Jordaniens sont aussi très éduqués. À Amman, plusieurs parlent anglais et parfois même une troisième langue. « Je suis toujours surprise par le contraste entre les préjugés que je pouvais avoir envers la culture arabe et la réalité. Les gens se traitent beaucoup mieux ici qu’on peut le faire au Québec, et ce, même entre inconnus. Malgré le fait que ce soit un état islamique gouverné par un roi, il règne tout de même assez de liberté pour qu’une femme se promène sans voile si elle le désire. »

Merveilles de Jordanie

Pour quiconque se rend en Jordanie, trois sites sont à ne pas manquer.

Pétra, avant tout autre, est l’une des sept nouvelles merveilles du monde. À trois heures de route au sud d’Amman, l’ancienne cité est protégée par les hautes collines de grès du désert montagneux. Ses bâtiments grandioses, dont les façades sont taillées à même les parois rocheuses, composent un ensemble monumental inscrit au Patrimoine de l’UNESCO.« Le désert de Wadi Rum est lui aussi d’une beauté et d’une sérénité à couper le souffle », ajoute Rose-Marie. Son paysage de canyons, d’arches et de falaises, mais aussi la présence d’inscriptions gravées dans la pierre depuis des milliers d’années en font un lieu d’exception. Il est d’ailleurs possible d’y passer une nuit dans un camp bédouin pour admirer le désert sous une tout autre perspective.Plus près d’Amman, la mer Morte offre quant à elle une expérience sensorielle inégalée. Son eau est si salée qu’un être humain peut y flotter sans effort. À 417 mètres sous le niveau de la mer, sa côte est le point émergé le plus bas du monde et offre un spectacle singulier, alors qu’une bordure de sel cristallisé encercle l’étendue d’eau turquoise.Une visite en Jordanie permet aussi de découvrir une cuisine savoureuse, « surtout si elle est dégustée dans la maison de quelqu’un plutôt qu’au restaurant », précise Rose-Marie. La nourriture y est typique de toute la région : houmous, falafel, shawarma et mensaf, le plat national de la Jordanie, un mélange de viande, de riz et de légumes.« Mais il y a plus encore à découvrir et le pays gagne à être visité plus en profondeur, ajoute-t-elle. Par exemple, la ville de Jerash, qui est le plus grand site de ruines romaines à l’extérieur de l’Italie, ou encore le Site du Baptême, où Jésus aurait été baptisé, sont des lieux uniques et sous-estimés. »Et il y a plus encore à découvrir dans les pays environnants pour Rose-Marie, qui visitera au cours des prochaines semaines Istanbul, Beyrouth et la Palestine. « Je me paie une tournée régionale, quoi! »

image