31 janvier 2013
Centre de développement pharmaceutique
De Tilly entretient le mystère
Par: Martin Bourassa

« Le bébé se présente comme on le souhaite, le budget et l’échéancier seront respectés. »

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C’est du moins ce que Mario De Tilly, directeur général du CLD Les Maskoutains et de la Cité de la biotechnologie, mais aussi grand responsable du Centre de développement pharmaceutique (CDP) de Saint-Hyacinthe, soutenait le 26 novembre dernier, lors de la dernière entrevue qu’il a accordée au COURRIER au sujet de la construction du CDP.

Il a profité de l’occasion pour affirmer que tous les baux de location étaient signés avec les locataires éventuels du CDP. Des locataires qu’il a pourtant refusé de nommer, à la demande de ceux-ci. « Ce sont de très bons locataires et aucune option d’achat sur l’édifice n’a été donnée. Sur un horizon de deux à trois ans, ce sont 75 à 80 nouveaux emplois qui devraient s’ajouter chez nous. »Il joue donc à fond la carte de la confidentialité, même si le nom du locataire principal a été lancé publiquement l’été dernier par la Ville de Saint-Hyacinthe. Il était question de l’entreprise Sterinova, associée aux dirigeants de l’entreprise pharmaceutique maskoutaine Galenova. Cette dernière a d’ailleurs obtenu un prêt de 3 M$ du Fonds Capital Croissance PME le 17 décembre dernier. Desjardins Capital de risque, une filiale du Mouvement Desjardins, est le gestionnaire exclusif de ce fonds commandité à parts égales par la Caisse de dépôt et placement du Québec et la société Capital régional et coopératif Desjardins. Il vise à satisfaire les besoins de financement des petites entreprises québécoises, sous forme de prêts subordonnés.

Une dette de 30 M$

Si tout allait pour le mieux sur le chantier, dans les bureaux administratifs de la Cité, maître d’oeuvre du projet, tout était aussi au beau fixe, le montage financier du projet estimé à plus de 20 M$ étant complété.

Le 12 novembre 2012, le Centre de développement pharmaceutique, présidé par le maire de Saint-Hyacinthe, Claude Bernier, a signé devant le notaire Éric Lecours les hypothèques immobilières qui permettront la concrétisation du projet.On parle de quatre prêts totalisant 20,3 M$. Des prêts de 6,3 M$ ont été obtenus auprès de la Banque de développement du Canada, d’Investissement Québec et de la Caisse Desjardins de Saint-Hyacinthe. Cette dernière est aussi engagée pour un montant supplémentaire de 1,5 M$. Ces prêts sont entre autres garantis par un cautionnement total de 20 M$ octroyé par la Ville de Saint-Hyacinthe à la Cité de la biotechnologie.« C’est un montage complexe, mais nous n’aurons pas de difficultés à faire face à nos obligations, même si le Centre ne sera pas terminé avant l’été prochain. Les prêteurs déboursent au fur et à mesure, selon nos besoins », d’ajouter M. De Tilly.Déjà aux prises avec une dette avoisinant les 10 M$, la Cité de la biotechnologie se retrouve donc avec une dette accumulée de 30 M$, soit pratiquement une dette similaire à celle de la Ville de Saint-Hyacinthe. La dette à l’ensemble de la Ville de Saint-Hyacinthe s’élève à 32,5 M$ selon les chiffres fournis par la direction générale.« La Cité a une dette autour de 30 M$, mais celle-ci n’est pas incluse dans la dette de la Ville, même si théoriquement nous sommes impliqués à la hauteur de notre cautionnement de 20 M$, a expliqué le directeur général de la Ville, Louis Bilodeau. En cas de défaut de paiement, il faudrait prendre la relève, mais la Cité a toujours réussi à faire face à ses obligations par le passé avec les revenus de location. »Tout en se disant confortable avec le niveau d’endettement de la Cité et la hauteur du cautionnement de la Ville à son endroit, M. Bilodeau a confié qu’il n’est pas exclu de rehausser le cautionnement municipal envers la Cité si le besoin s’en fait sentir.« On pourrait cautionner à nouveau la Cité, ou augmenter la caution. Sachez que l’on surveille les finances de la Cité, sans pour autant s’en inquiéter. »À écouter Mario De Tilly, la Ville peut dormir sur ses deux oreilles. « Les 35 M$ d’actifs de la Cité sont de loin supérieurs au niveau de notre dette, c’est du solide. »Les deux derniers exercices financiers de la Cité ont pourtant été écrits à l’encre rouge.L’organisme a affiché un déficit de 20 771 $ au terme de son année financière 2011 et de 87 118 $ au terme de 2010, selon les plus récents états financiers que nous avons obtenus. Pour l’année 2011, les intérêts sur la dette à long terme, qui affichait alors 9,6 M$, ont nécessité un déboursé de 387 887 $ sur des revenus totaux de 1,4 M$.C’était avant que la Cité ne se lance dans l’ambitieux projet du Centre de développement pharmaceutique de 20,3 M$.

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