11 octobre 2012
Construction du Centre pharmaceutique
Déception et étonnement chez Construction Bugère
Par: Jean-Luc Lorry
Jean Dumas, directeur général et vice-président de Construction Bugère.

Jean Dumas, directeur général et vice-président de Construction Bugère.

Le directeur général et vice-président de la firme maskoutaine Construction Bugère, Jean Dumas, est déçu que sa soumission n’ait pas été retenue pour la construction du Centre de développement pharmaceutique (CDP) de Saint-Hyacinthe.

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Cet entrepreneur ne cache pas son étonnement d’apprendre que son offre était largement plus élevée que celles déposées par les entreprises montréalaises Pellemon, une division de SNC-Lavalin, et B.T.L. Construction, firme retenue au final.

« Nous n’avons pas été en mesure de retenir les services de la firme maskoutaine, car son offre était substantiellement plus élevée que le plus bas tarif offert », a écrit le directeur général de la Cité de la biotechnologie, Mario De Tilly dans un courriel adressé dernièrement à certains membres de la communauté d’affaires maskoutaine dont nous avons obtenu copie. « Je suis déçu de ne pas avoir décroché ce contrat, a réagi Jean Dumas, en entrevue au COURRIER. Si Mario De Tilly mentionne que mon prix était substantiellement plus élevé que les autres soumissions, je ne remets pas en doute sa parole. Par contre, mon entreprise ne travaille pas pour rien et elle le fait toujours dans l’intérêt du client. »Toujours selon M. De Tilly, le choix se serait porté sur B.T.L. Construction pour son « expertise pharmaceutique à la fine pointe, qu’aucune entreprise locale, et peu au Québec, possède ».« De tels propos me heurtent. Nous avons déjà construit des bâtiments à vocation pharmaceutique et nous possédions l’expertise pour réaliser le Centre pharmaceutique », affirme Jean Dumas.

Invitation des ingénieurs

C’est à la suite d’une invitation de la firme d’ingénierie Laporte Experts que Construction Bugère a déposé son offre pour le projet de construction du CDP.

« Je me suis rendu en compagnie de mon estimateur à leurs bureaux de Montréal. Nous avons été reçus par deux représentants de Laporte Experts et par Jean-Philippe Gentès (directeur général de Galenova) qui agissait comme observateur », précise M. Dumas.La présence de M. Gentès s’explique à titre d’actionnaire de Stérinova, la principale entreprise qui logera dans le futur Centre pharmaceutique.« Ils nous ont dit qu’ils avaient un projet de construction incluant de l’équipement représentant un investissement d’environ 22 M$ et qu’ils attendaient une proposition de notre part », se souvient le dirigeant de Construction Bugère.« Le problème, c’est que nous ne disposions pas d’une documentation complète pour déposer une soumission en bonne et due forme. Le cahier des charges n’était pas clair. On nous décrivait uniquement les grandes lignes du projet. En général, lorsque nous déposons une offre, nous obtenons davantage d’informations sur le projet en question », poursuit-il.La construction du CDP a été présentée comme un projet à coût contrôlé. « Cela signifie que l’entrepreneur dont les services sont retenus devra ensuite inviter des sous-traitants à soumissionner pour chaque discipline (excavation, électricité, ventilation, etc.) et désigner celui qui offrira le meilleur prix au client », explique M. Dumas.Ainsi, à titre de gestionnaire du projet, la soumission présentée par Construction Bugère dont le montant se situait entre 20 et 22 millions $ incluait les matériaux, la main-d’oeuvre, la sous-traitance, les frais d’administration ainsi que le profit. Curieusement, le directeur général de la Cité précisait dans sa « Mise au point » que l’unique contrat qui a été octroyé à B.T.L. Construction concerne la gestion du chantier pour un montant de moins de 410 000 $ (environ 2 % de l’ensemble des travaux estimés à 20 M$).Jean Dumas précise qu’à titre de maitre d’oeuvre, c’est l’entrepreneur général qui reçoit la totalité du montant rattaché à la construction. Même si la Cité de la biotechnologie semble piloter cet ambitieux projet industriel, c’est du moins ce que laisse croire le communiqué de presse lançant les travaux du CDP, Jean Dumas assure n’avoir jamais rencontré dans ce dossier les dirigeants de cette corporation ou l’un de ses administrateurs.

En affaire avec la Cité

Construction Bugère est pourtant bien au fait des exigences de la Cité de la biotechnologie pour avoir fait affaire à plusieurs reprises avec elle par le passé.

En 2006, l’entreprise avait obtenu le mandat de construire le premier bâtiment de la phase 2 du développement de la Cité de la biotechnologie. L’immeuble de 25 000 pieds carrés conforme aux normes environnementales LEED avait représenté un investissement initial de 3,2 M$.En 2003, Construction Bugère avait aussi réalisé le bâtiment destiné à accueillir Biovet, une entreprise qui développe, fabrique et commercialise des tests immunodiagnostiques et des services de diagnostic innovateurs pour les vétérinaires.Et ce n’est pas tout. L’édifice qui abrite le siège social de Galenova dans la Cité de la biotechnologie a été construit en 2000 par Construction Bugère qui en était alors propriétaire avec Denis Giroux. Celui-ci fut le fondateur des Laboratoires Denis Giroux devenue l’entreprise Galenova à la suite de l’acquisition par les pharmaciens Bertrand Bolduc et Jean-Philippe Gentès.

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