25 février 2021
Perte de 63 emplois chez Semex
Déception syndicale et tristesse du milieu économique
Par: Jean-Luc Lorry

La fin des opérations de Semex sur son site de Sainte-Marie-Madeleine, prévue pour la fin août, aura pour conséquence la perte de 63 emplois. Photo François Larivière | Le Courrier ©

La fin des activités d’élevage, de récolte et de congélation de semence de taureaux dans les installations de l’entreprise Semex à Sainte-Marie-Madeleine, qui aura pour conséquence la mise à pied de 63 employés à partir du 31 août, déçoit fortement la partie syndicale et attriste le milieu économique maskoutain, a constaté LE COURRIER.

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Cette décision a été annoncée le 17 février par le Centre d’insémination artificielle du Québec (CIAQ), propriétaire à 45 % de Semex.

Des 63 employés affectés, 12 occupent un emploi de bouviers – soins des taureaux, entretien des étables – et sont syndiqués auprès de la CSN et 34 effectuent des tâches de laboratoire, de production et de mise en marché. Ces derniers sont représentés par les Travailleurs unis de l’alimentation et du commerce (TUAC). Les 17 autres salariés non syndiqués touchés par cette consolidation sont des commis, employés de laboratoire et employés en charge de la distribution.

La semaine dernière, le communiqué du CIAQ et son directeur général Mario Hébert annonçaient pourtant la perte de 70 emplois. « Il y a beaucoup de mouvement de personnel. C’est ce qu’on m’a expliqué. C’est le décompte officiel cette semaine », justifie Pierre Rhéaume, directeur des communications au CIAQ.

« On est très déçu de la perte de 70 emplois au Québec dans la production pourtant rentable de semences de taureaux chez Semex. Cette mauvaise nouvelle a été annoncée aux employés dans une mauvaise traduction, à partir de l’Ontario, par le biais d’une tablette électronique! C’est une perte d’expertise pour le Québec », a commenté en début de semaine, par voie de communiqué, Alexandre Boileau-Laviolette, président de la Fédération du commerce (FC-CSN).

La convention collective des travailleurs affiliés à la CSN venait à échéance le 31 mars 2021.

Selon Roxane Larouche, porte-parole des TUAC au Québec, les employés dont le travail est régi par son syndicat ont été pour leur part informés le 17 février par l’employeur en utilisant la vidéoconférence et la présence d’un traducteur.

« Les employés étaient sous le choc. Personne n’avait vu venir cette fermeture. Par contre, l’employeur donne un préavis dont le délai va au-delà de ce qui était prévu dans la convention collective », indique Mme Larouche, en entrevue au COURRIER.

Un comité de reclassement avec des firmes professionnelles sera mis en place. « Nous regardons déjà où résident nos travailleurs. Il s’agit d’un secteur où il existe une pénurie de main-d’œuvre. Nos radars ne sont pas au rouge. Les relations sont bonnes avec cet employeur », considère Mme Larouche.

La convention collective a été signée en avril 2019 et venait à échéance en avril 2022.

Le CIAQ compte maintenir entre 10 et 12 employés dans son centre de distribution de semence et de produits de la ferme basé sur le site de Semex.

En 2019, Semex a investi 3,8 M$ dans des travaux de rénovation des installations du CIAQ sur la rue Sicotte pour permettre l’intégration de la division d’embryologie Boviteq. Le CIAQ compte actuellement 260 employés et Boviteq, une cinquantaine.

Une perte d’expertise selon André Barnabé

André Barnabé, directeur général de Saint-Hyacinthe Technopole, connait bien ce secteur d’activité pour avoir été directeur général de Boviteq pendant 13 ans.

« C’est bien triste que ces activités quittent la région. En décidant de transférer les activités d’hébergement de taureaux et de laboratoire vers l’Ontario, nous perdons des emplois de qualité et une expertise de haut niveau », considère André Barnabé, directeur général de Saint-Hyacinthe Technopole.

« Par contre, je me réjouis de savoir que la recherche sur la semence et les travaux de génétique vont demeurer à Saint-Hyacinthe », poursuit-il.

À la MRC des Maskoutains, on considère que cette consolidation des opérations de Semex vers la province voisine représente un coup dur pour l’emploi. « Je trouve triste de perdre 70 emplois dans la région. Je souhaite de tout cœur que l’entreprise réussisse à les relocaliser ailleurs », mentionne André Charron, directeur général de la MRC des Maskoutains.

Le directeur général du CIAQ, Mario Hébert, a décliné notre demande d’entrevue.

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