13 juillet 2017
Décès du père Roger Lussier
Par: Martin Bourassa
Le père Dominicain Roger Lussier s’est éteint hier matin à l’âge de 91 ans.  Photothèque Le Courrier

Le père Dominicain Roger Lussier s’est éteint hier matin à l’âge de 91 ans. Photothèque Le Courrier

Le père Dominicain Roger Lussier s’est éteint hier matin à l’âge de 91 ans.  Photothèque Le Courrier

Le père Dominicain Roger Lussier s’est éteint hier matin à l’âge de 91 ans. Photothèque Le Courrier

La communauté des pères Dominicains est en deuil. L’un des derniers représentants de cette congrégation religieuse à Saint-Hyacinthe, le père Roger Lussier, est décédé mercredi matin. Il était âgé de 91 ans.

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Prieur du couvent de Saint-Hyacinthe depuis 2005, il était toujours bien actif dans le milieu maskoutain, dont à la Maison L’Alcôve qu’il a cofondée au milieu des années 1980 pour aider les gens à vaincre leurs dépendances à l’alcool, aux drogues et au jeu. Homme de foi enraciné dans le quotidien, le père Roger Lussier avait célébré ses 60 ans de sacerdoce du dominicain en 2015. 

Après ses études classiques, il avait tourné le dos aux Jésuites pour rejoindre l’un de ses frères chez les Dominicains. Il a fait son noviciat à Saint-Hyacinthe en 1947, avant d’être ordonné Père dominicain le 2 août 1955. Après avoir prêché dans la région de Trois-Rivières et de Montréal, il avait fait un grand retour à la paroisse Notre-Dame-du-Rosaire de Saint-Hyacinthe en 1983. Il n’a jamais cessé de s’impliquer dans la communauté depuis ce temps et de parler de Dieu. « Le goût de parler de Dieu et de le faire connaître m’a toujours habité », avait-il mentionné lors d’une grande entrevue qu’il nous avait accordée en novembre 2008 lors de sa nomination à titre de personnalité du mois du COURRIER et de la Chambre de commerce de la région de Saint-Hyacinthe.

« En tout et partout, il y aura 30 ans cette année (en 2008) que je suis à Saint-Hyacinthe, racontait le religieux. Les Maskoutains connaissent mon dévouement et cela m’encourage à en faire encore plus. J’aime mon job et j’ai passé un pacte avec le Bon Dieu autrefois. Je lui ai dit de me donner la santé et qu’en retour je n’arrêterais jamais de travailler. Il m’a pris au sérieux, alors je continue au mieux de mes capacités. »

Et justement, ses capacités étaient très grandes. Même à un âge avancé, il disait la messe régulièrement à la paroisse Notre-Dame et servait de dépanneur officiel dans plusieurs autres. « Je suis le bouche-trou. Les bonnes journées, il m’arrive encore de faire trois, quatre et même cinq célébrations le même jour, ça garde jeune! »

On se souviendra qu’il a dû prendre les bouchées doubles pendant la célèbre crise du verglas en janvier 1998, alors qu’il a célébré 31 funérailles en l’espace de 28 jours!

Beau temps, mauvais temps, le père Lussier gardait donc le cap et disait n’avoir aucun regret quand il regardait derrière, le chemin parcouru. « Je n’ai pas perdu mon temps, la vie m’a apporté de grandes joies. J’ai vu des gens surmonter leurs souffrances. À titre d’instrument de Dieu, je ne pourrais pas être plus heureux même avec 1000 $ en poche. Redonner le goût de vivre à quelqu’un, ça n’a pas de prix, vous savez. »

Lors de cette entrevue, il avait toutefois exprimé une petite déception face au monde actuel et à la faible place qu’occupe désormais la religion. Cela se traduit par ce qu’il appelait la religion du nombril, qui part d’un malheur personnel, de la maladie ou d’un deuil pour se rendre à Dieu. Le reste du temps, la foi est inexistante.

« On ne parle pas assez de la tendresse, de l’amour de Dieu. Les jeunes parents ne prennent pas le temps et les professeurs ne peuvent pas donner ce qu’ils n’ont pas. C’est dommage, car si les jeunes ne connaissent pas le vrai visage de Dieu, comment pourront-ils tomber en amour avec lui? Il va falloir prendre le temps de retrouver nos vraies valeurs. Du temps, malheureusement, on en a quand on commence à souffrir. » 

 Les funérailles du père Lussierseront célébrées ce vendredi 14 juillet à 14 h, à l’église Notre-Dame-du-Rosaire par Mgr François Lapierre.

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