16 juillet 2020
Les vacances estivales en mode COVID-19
Décrocher sans décrocher vraiment
Par: Martin Bourassa

Après quatre mois de crise intense passés en mode pandémie, les vacances estivales pointent enfin leur bout du nez. Et elles sont particulièrement bienvenues, surtout pour les travailleurs essentiels et autres anges gardiens du réseau de la santé qui ont été sursollicités et pour ceux qui n’ont pas été affectés par la mise sur pause de notre économie.

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À l’aube des traditionnelles vacances de la construction, il est bon de rappeler que ces ouvriers aussi ont dû prendre les bouchées doubles depuis la reprise des activités dans ce secteur, question de reprendre un peu du temps perdu.

Et ils devront eux aussi maintenir la pédale au plancher au retour. Dans ce contexte, plusieurs auront donc envie et besoin de décrocher et de refaire le plein d’énergie d’ici la fin août.

Cet été, la clé du succès sera de pouvoir décrocher sans décrocher vraiment, surtout en ce qui a trait au respect des mesures sanitaires imposées par la santé publique. Port du masque, distanciation sociale et lavage de mains devront nous accompagner partout et en tout temps, car la pandémie ne prendra pas de vacances, elle. Au contraire.

Il suffit de regarder la situation aux États-Unis pour s’inquiéter d’une réouverture précipitée de nos frontières avec nos voisins du Sud. Et à voir comment les jeunes gens, et même des plus âgés, semblent baisser la garde et laisser leur cervelle au vestiaire quand ils se regroupent dans les bars et les plages du Québec, on n’ose même pas imaginer les ravages potentiels d’un accès rapide vers les plages du Maine.

En début de crise au Québec, à la fin février et au début du mois de mars, tous les experts du domaine de la santé avaient le même discours à propos d’une pandémie au potentiel dévastateur. L’idée n’était pas de savoir s’il y en aurait une, mais plutôt de savoir quand elle viendrait. Ces jours-ci, à la lumière de ce qui se passe sur certaines terrasses et sur des photos de groupes qui circulent allègrement sur les réseaux sociaux, le même raisonnement pourrait s’appliquer à la deuxième vague. L’idée n’est pas de savoir si elle viendra, mais bien quand elle viendra.

Et surtout avec quelle intensité elle frappera. Celle-ci sera directement proportionnelle aux comportements que nous adopterons individuellement et collectivement au cours des prochains jours.

C’est pour cela qu’il faut serrer la vis aux irresponsables et aux contrevenants trop nombreux. L’imposition du masque obligatoire dans le transport en commun et dans les lieux publics intérieurs apparaît même tardives comme mesures.

Pas certain non plus que la réduction des heures d’ouverture des bars sera suffisante pour contenir les débordements. La méthode forte devra suivre si nécessaire.

Espérons aussi que nos décideurs, à tous les niveaux, auront retenu les bonnes leçons de la première vague et qu’ils seront mieux préparés.

C’est justement le temps d’y voir et de se souvenir que la première a dévasté au passage nos CHSLD et fait trop d’innocentes victimes. Outre le prix humain démesuré qu’il a fallu payer, il faut aussi garder en tête qu’il y a un prix monétaire considérable qui vient avec le relâchement. Puisque les finances publiques du Canada étaient déjà peu reluisantes avant la pandémie, la suite des choses aura donc été catastrophique. On sait maintenant que le pays vogue allègrement vers un déficit historique de 343,2 milliards en 2020, soit dix fois le déficit de l’an dernier. C’est monstrueux!

Et ce chiffre du gouvernement libéral est conservateur, dit-on. On verra bien. Mais ce n’est pas comme si nos gouvernements avaient eu d’autres choix que d’ouvrir toutes grandes les vannes pour compenser les effets de la pandémie.

Il y a donc lieu de se demander dès maintenant quel sera l’impact de l’arrêt à la fin août des versements liés au programme de Prestation canadienne d’urgence et d’une deuxième vague alors que le tsunami de mauvaises nouvelles économiques continue de déferler avec intensité.

Alors aussi bien redoubler d’ardeur sur la prévention. Même en vacances!

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