17 septembre 2020
Déjouer les a priori et faire rire
Par: Maxime Prévost Durand

Philippe-Audrey Larrue-St-Jacques visitera le Centre des arts Juliette-Lassonde pour la première fois, samedi, avec son one-man-show Hélas, ce n’est qu’un spectacle d’humour. Photo Jocelyn Michel

On le reconnaît à son complet, à son beau parler, à son amour des mots. Au premier coup d’œil, Philippe-Audrey Larrue-St-Jacques peut projeter… « un petit côté snob? », complète-t-il, en riant. Certes, il est cultivé, a fréquenté les collèges privés et le Conservatoire d’art dramatique, mais lorsqu’il monte sur scène comme humoriste, son but n’est pas d’épater la galerie avec sa culture, mais bien de faire rire.

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« Je sais que les gens ont beaucoup d’a priori [à mon sujet] parce que j’ai un style particulier et un look un peu guindé qui peut refroidir certaines personnes. […] Je sais que je représente un pari risqué, avec un style d’humour un peu hors sentier, mais si tu as le goût de rire, tu vas rire. C’est mon travail de trouver une façon pour te faire rire. »

C’est évidemment la mission qu’il se donne en vue de son premier passage au Centre des arts Juliette-Lassonde, samedi, alors qu’il viendra présenter son premier one-man-show Hélas, ce n’est qu’un spectacle d’humour.

Même s’il avertit les spectateurs d’une possible déception dans la présentation de son spectacle, ce sont surtout ses déceptions à lui dont il est question et qu’il tourne à la blague. Et il faut croire que la recette fonctionne bien finalement puisque ce spectacle, qui ne devait d’abord être présenté qu’au Zoofest, pour voir s’il était capable de faire une heure de matériel, continue de vivre près de deux ans plus tard.

« C’est parti un peu tout croche. C’est sûrement la pire mise en marché de l’histoire [rires]. C’est parti au Zoofest et, après, les gens voulaient que j’aille ailleurs. Je vais où on me demande. Il n’y a pas eu de première, c’est juste du bouche-à-oreille, raconte celui que l’on voit également en tant que comédien dans la série Like-moi. Ce que j’aime de cette aventure, c’est que ça prône le fait qu’il y a mille façons de présenter un show. On connaît la méthode traditionnelle, moi, c’est la méthode accidentelle. C’est un truc né organiquement et qui continue de vivre organiquement. »

Déception et surprise

Mais revenons aux déceptions. Philippe-Audrey en a vécu une grande, en mars, lorsque la pandémie est venue complètement bousiller ses plans d’aller en France. Il devait s’envoler le 15 mars pour au moins un mois à Paris où il allait écrire, jouer et tester du nouveau matériel. « Ça a été un gros coup », confie-t-il.

Heureusement, les derniers mois n’ont pas été que déception. Ils lui ont aussi apporté d’agréables surprises, comme ce rôle dans les Beaux malaises que Martin Matte lui a proposé en vue d’une nouvelle saison, une opportunité qu’il n’avait jamais vue venir.

« Je ne sais pas à quel point ça serait arrivé s’il n’y avait pas eu la COVID », dit-il humblement, évoquant les conflits d’horaire de bien des comédiens, forts occupés depuis la reprise massive des tournages dans les derniers mois.

Retrouver la scène

Comme humoriste, Philippe-Audrey est l’un des premiers à être remonté sur scène cet été. Il a fait partie de la série « Rencontres essentielles » organisée par la ROSEQ, qui l’a amené à se produire en Gaspésie et sur la Côte-Nord, notamment. Puis, à Montréal, il a participé à des soirées au Bordel et au Terminal.

« Est-ce que ce sont des conditions optimales pour jouer? Je vais me garder un droit de réserve sur cette question », dit-il à la blague, en faisant un clin d’œil aux différentes mesures qui doivent être prises.

Il faut dire que, lorsqu’il a recommencé à jouer, les foules étaient toujours limitées à 50 personnes, un chiffre qui est maintenant passé à 250 personnes.

« C’est surtout touchant, poursuit-il plus sérieusement. Tout le monde fait son possible, autant nous que les diffuseurs et le public. Mais j’ai quand même hâte que ça revienne comme avant. Ça me rappelle les belles années des débuts en humour, où tu dois vraiment beaucoup aimer ça pour continuer. »

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