26 avril 2018
Nouvelle école à Saint-Hyacinthe
Des airs de Réseau Sélection
Par: Martin Bourassa

Plus ça va et plus le dossier de la nouvelle école dans le secteur Douville à Saint-Hyacinthe ressemble à la saga Réseau Sélection, ce controversé projet de complexe pour retraités qui a soulevé l’ire des gens du centre-ville.

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Dans les deux cas, la Ville de Saint-Hyacinthe s’est entendue en catimini avec un promoteur privé et a placé la population devant le fait accompli. Finira-t-on un jour par retenir la leçon? Chaque fois, cette façon de faire s’est retournée contre la Ville. Le maire Corbeil a pu le constater, lundi soir, lors d’une rencontre citoyenne à laquelle étaient conviés les gens des quartiers Douville et Hertel/Notre-Dame.

Le dossier de l’école a monopolisé l’attention, alors que deux promoteurs actifs à Douville, à savoir Roger Letendre et le Groupe Robin, sont prêts à céder gratuitement un terrain. Sauf que la Ville n’a négocié qu’avec le premier.

Face aux critiques, les élus ont alors tenté de refiler cette patate chaude à la Commission scolaire de Saint-Hyacinthe (CSSH). Ils ont invité les insatisfaits, et ils étaient nombreux, à se présenter à une prochaine assemblée des commissaires.

On devine que ceux qui s’y rendront se feront dire que la Ville n’a présenté qu’une seule option à la CSSH, que celle-ci n’est pas mauvaise et lui convient. 

La CSSH aurait-elle pu ou dû faire la fine bouche? Dans la mesure où l’urgence commande la construction d’une école et que le terrain retenu semble combler ses besoins actuels et futurs, la CSSH n’avait aucun intérêt à être sélective.

Nous persistons cependant à penser que l’erreur a été de ne pas considérer l’ensemble des promoteurs dès le départ. La Ville a sans doute voulu faire un coup vite en ne négociant qu’avec M. Letendre. Et comme il était disposé à lui céder gratuitement un terrain près d’un grand parc, elle n’a pas senti le besoin d’aller voir ailleurs. 

Si la Ville avait impliqué d’autres promoteurs, elle aurait pu laisser à la CSSH le soin de choisir entre les options possibles. Ainsi, ce n’est pas le maire, mais le président de la CSSH qui aurait dû défendre son choix. Grosse différence.

Il serait très surprenant que les protestataires réussissent à faire reculer la Ville comme cela est arrivé avec Réseau Sélection. Pour l’école, chaque site à ses avantages et ses inconvénients et celui retenu au Domaine sur le vert, un quartier appelé à connaître un essor considérable, n’apparaît pas insensé. Pas plus en tout cas que de construire une école primaire au carrefour de deux boulevards.

Cela dit, la grogne n’ira peut-être pas en diminuant, on vous prévient. Si Québec autorise la construction d’une école à Saint-Hyacinthe et ferme par exemple la porte à l’ajout de huit classes à Saint-Pie, on n’écarte pas la possibilité de transporter éventuellement des enfants de Saint-Pie vers notre nouvelle école. 

Si c’est le cas, je connais des Saint-Piens qui vont s’inviter au siège social de la CSSH.

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