4 juillet 2013
En marge d'un projet de 12 millions $ à Nicolet
Des architectes d’une firme de Saint-Hyacinthe poursuivis
Par: Le Courrier
La firme d'architectes ACDF est poursuivie pour un montant de 1,6 M$ par les Soeurs de l'Assomption de la Sainte-Vierge de Nicolet.

La firme d'architectes ACDF est poursuivie pour un montant de 1,6 M$ par les Soeurs de l'Assomption de la Sainte-Vierge de Nicolet.

Des religieuses de la région de Nicolet se sont tournées vers la Cour supérieure pour réclamer un peu plus de 1,6 million $ au bureau d’architectes ACDF, de Saint-Hyacinthe, de même qu’à un entrepreneur général dont elles avaient retenu les services dans le cadre d’un projet de construction de 12,5 millions $.

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ACDF est ce même bureau qui a conçu les plans des Jardins d’Aurélie, cette maison d’hébergement de 130 chambres qui vient d’être mise en chantier dans la rue Dessaulles, à Saint-Hyacinthe et qui accueillera des Soeurs de Saint-Joseph et des Soeurs du Précieux-Sang à compter de juin 2014.

À Nicolet, les Soeurs de l’Assomption de la Sainte-Vierge tiennent ACDF et deux de ses architectes, Sylvain Allaire et Guy Courchesne, pour responsables de la dégradation du revêtement extérieur de l’édifice dont ils ont réalisé les plans et supervisé toute la construction entre 2005 et 2007. Il s’agit de l’agrandissement du Pavillon Sainte-Marie, qui est la maison d’hébergement et de soins de longue durée des Soeurs de l’Assomption, à Nicolet. Pour la conception de ce projet, les Soeurs avaient initialement fait appel à la firme ABCP Architecture et Urbanisme, de Québec, à laquelle MM. Allaire et Courchesne étaient associés. Mais en août 2006, ils devaient former une nouvelle firme nommée Allaire Courchesne, architecture – aujourd’hui ACDF – et en avaient avisé par la suite les Soeurs de l’Assomption. Comme les religieuses désiraient qu’il y ait continuité dans la supervision de leur projet et que ABCP n’avait pas d’objection à ce que le contrat initial soit transféré à Allaire Courchesne, les deux architectes restèrent au dossier. Confiés à Guy Sébas, un entrepreneur général de Sherbrooke, les travaux furent achevés en octobre 2007.

Panneaux de fibrociment

Deux ans plus tard, en octobre 2009, les concepteurs visitent les lieux et constatent que des fissures sont apparues en travers de plusieurs des panneaux de fibrociment qui constituent le parement extérieur du bâtiment.

Suivant les recommandations des architectes, l’entrepreneur Guy Sébas tente dans les mois suivants de réparer les panneaux ou de les remplacer, mais n’obtient pas les résultats souhaités. La dégradation des panneaux va se poursuivre jusqu’à ce que, le 21 octobre 2011, l’architecte Allaire informe les Soeurs que le revêtement de fibrociment devait être remplacé en totalité, idéalement par un revêtement d’acier.Peu de temps après, les Soeurs informaient officiellement les architectes et l’entrepreneur qu’elles entendaient prendre les moyens nécessaires pour protéger leurs intérêts dans cette affaire, d’où la poursuite intentée contre eux.« Les défendeurs sont responsables conjointement et solidairement de cette dégradation résultant d’un vice de conception, de construction et de réalisation, en leurs qualités respectives d’architectes et d’entrepreneur », lit-on dans la requête qui a été déposée au palais de justice de Saint-Hyacinthe.Les architectes et l’entrepreneur soutiennent quant à eux que c’est le produit lui-même qui est à l’origine du problème, c’est-à-dire les panneaux de fibrociment de marque WeatherBoards fabriqués par la firme américaine CertainTeed, qui a son siège social en Pennsylvanie. Ils ont donc riposté en présentant à la cour une requête en garantie contre le fournisseur, la firme Goodfellow, de Delson.« Les dommages réclamés par les Soeurs dans le cadre de l’instance principale sont le résultat des fausses représentations de Goodfellow à l’égard du produit de fibrociment qu’elle a vendu », peut-on lire dans leur requête.Ils reprochent au fournisseur d’induire ses clients en erreur en indiquant sur la fiche technique que ces panneaux sont caractérisés par « un degré élevé de stabilité dimensionnelle et de résistance aux impacts ».« Les dommages réclamés par les Soeurs ne résultent pas d’un vice de conception architecturale, mais sont plutôt le résultat du comportement inattendu du matériau de fibrociment par rapport aux écarts thermiques normaux du climat québécois », font-ils valoir.Ils demandent donc à la cour de forcer Goodfellow à les indemniser de toute condamnation qui pourrait être prononcée contre eux dans le cadre de l’action principale. Pour le remplacement du revêtement défectueux, les Soeurs de L’Assomption leur réclament la somme de 1 655 525 $ plus les intérêts, de même que les honoraires des professionnels qui pourraient s’ajouter.

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