5 avril 2012
Le Complexe M veut une tour de bureaux LEED
Des bureaux en dehors du noyau?
Par: Le Courrier

Un an après l’adoption du nouveau règlement de zonage de la Ville de Saint-Hyacinthe, les conseillers s’apprêtent à se positionner sur une modification qui ravive la sempiternelle chicane entre les promoteurs des Galeries St-Hyacinthe et le Groupe Robin.

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S’il est adopté, ce changement permettra au Groupe Robin de construire une tour de bureaux certifiée LEED dans le Complexe M. Ce projet, dit-on, serait unique en son genre et repousserait les critères établis du développement durable, notamment grâce à l’implication de groupes de recherches dans le domaine. Il pourrait faire jusqu’à sept étages, selon les dispositions du règlement déposé à la table du conseil de ville.

Or, il y a un an à peine, la question du bureau structurant – soit d’une superficie de 500 mètres carrés et plus – était au coeur de la controverse entourant l’adoption du plus récent plan d’urbanisme de la Ville de Saint-Hyacinthe. Selon le plan tel qu’il a été adopté en décembre 2010, le développement de bureaux devait se limiter en priorité au fameux « noyau urbain central », qui relie essentiellement les Galeries St-Hyacinthe au centre-ville par le boulevard Laframboise. Du coup, le Groupe Robin s’était vu retirer le privilège de construire des bureaux structurants dans le Complexe M. Dans un laïus de plusieurs minutes, le directeur des Galeries St-Hyacinthe, André Brochu, a donc remis en question ce renversement de situation devant les conseillers, lundi. Reprenant mot pour mot l’argumentaire qu’avait porté Robert Robin en 2010, M. Brochu a questionné le maire : « Pourquoi vouloir changer les règles du jeu? »Selon lui, la Ville lancerait un message négatif aux investisseurs en rebrassant les cartes si rapidement. « Il y a encore des milliers de pieds carrés d’espace à bureaux disponibles dans le noyau urbain, dont 70 000 pieds carrés aux Galeries. Nous sommes confiants de tout louer, mais aider nous à y arriver. »M. Brochu rallierait dans son camp la Société de développement du centre-ville. Par la voix de son directeur Simon Cusson, la Société a sommé les conseillers de présenter par écrit les arguments qui justifient de bafouer leur propre plan en mettant en perspective les conséquences sur l’avenir économique du centre-ville. Trois conseillères municipales – Sylvie Adam, Nicole Dion-Audette et Louise Arpin – se sont opposées au projet de règlement. « Un plan d’urbanisme ça évolue dans le temps. C’est sûr que ça vieilli, mais là, je trouve que ça vieilli pas mal vite », a fait remarquer Nicole Dion-Audette, qui s’inquiétait, à l’instar d’autres collègues, que les projets soient gérés à la pièce.C’est toutefois précisément l’orientation que souhaiterait prendre le conseil dans le cas des projets verts, selon le directeur général Louis Bilodeau. « C’est une volonté de pouvoir octroyer des usages conditionnels pour des projets exceptionnels, sur la base du développement durable. Nous ne voulons pas perdre ce genre de projets aux mains des villes aux alentours. »« Dans le cas du Complexe M, le promoteur montre une volonté d’établir un pôle LEED qui est tout à fait novateur, poursuit M. Bilodeau. Ces bureaux de luxe pourraient se louer à un prix deux fois plus élevé qu’ailleurs à Saint-Hyacinthe. On vise un créneau bien particulier. »Selon M. Bilodeau, les espaces à bureaux de Saint-Hyacinthe sont offerts à des prix oscillant entre 8 $ et 12 $ du pied carré et jusqu’à 14 $ du pied carré aux Galeries.Le Groupe Robin s’est fait peu bavard sur les détails de ce nouvel édifice. Jonathan Robin a toutefois affirmé qu’il serait unique en son genre au Québec, tant dans sa conception que dans son architecture. « Pour ma part, on récupère le zonage qui nous avait été enlevé, a-t-il laissé tomber. Notre premier besoin, c’est de déménager nos propres bureaux dans le Complexe M. Pour le moment, si nous voulons déménager, le seul endroit où nous pouvons nous établir c’est aux Galeries! »Selon lui, aucun futur locataire n’a encore signé d’entente officielle, mais des discussions ont eu lieu. « Il s’agit d’entreprises qui veulent être vues sur le plan régional et qui veulent faire un pas vers le développement durable. »L’assemblée publique de consultation qui concerne ce projet de règlement est prévue le 16 avril, à 18 h 30, à la salle du Conseil.

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