26 août 2021
Sainte-Rosalie
Des citoyens toujours incommodés par Sanimax
Par: Jean-Luc Lorry

Résident du secteur Sainte-Rosalie, Jean-Michel St-Germain est incommodé régulièrement par les odeurs nauséabondes qui émanent des installations de Sanimax. Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©

Sanimax, une entreprise spécialisée dans l’équarrissage qui possède des installations dans le secteur Sainte-Rosalie, ne réussit visiblement pas à contrôler les odeurs pouvant émaner de ses activités.

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La fin de semaine du 14 août a été particulièrement éprouvante pour Jean-Michel St-Germain, un citoyen du secteur qui réside sur le 4e Rang, à environ 2 km de Sanimax.

« Le 13 août, deux camions pleins de carcasses sont demeurés dans le stationnement de l’usine en pleine chaleur. Le lendemain, nous avons dû fermer toutes les fenêtres de notre maison de 7 h à 13 h. Ça sentait la charogne », s’est plaint M. St-Germain en entrevue au COURRIER.

Contactée sur le sujet, l’entreprise Sanimax, par la voix d’une firme de relations publiques montréalaise, a expliqué les raisons de ce désagrément. « Une situation exceptionnelle impliquant l’utilisation restreinte de certains équipements, cumulé à un manque de main-d’œuvre non planifié, a ralenti les opérations de Sanimax Sainte-Rosalie vendredi [le 13 août], ce qui a contraint la poursuite des opérations jusqu’à samedi, en journée, pour terminer le transbordement de la matière. La chaleur et l’humidité de la fin de semaine ont également eu un impact significatif sur l’état de la matière reçue de la part des producteurs de porcs », justifie Nicolas Laflamme, conseiller de l’agence TACT et intermédiaire de Sanimax, dans un courriel adressé au COURRIER.

« Sanimax comprend que cette situation ait pu occasionner des odeurs pour la communauté et s’excuse de cette situation exceptionnelle, hors de son contrôle », poursuit-il.

Selon Jean-Michel St-Germain, cet épisode malheureux est pourtant loin d’être un cas isolé. Ce citoyen tient un calendrier précis des épisodes successifs d’odeurs incommodantes.

« Nous sommes un groupe d’environ neuf résidents à être incommodés. Depuis 2013, des odeurs émanent de cette usine à raison de trois à quatre fois par semaine sur des périodes de deux à trois heures. J’en informe régulièrement le contremaître de l’usine Sanimax, qui me répond que la situation est hors de son contrôle », indique, exaspéré, M. St-Germain.

Depuis janvier, la Ville de Saint-Hyacinthe a enregistré 25 requêtes concernant Sanimax. Notons que l’entreprise a également mis en place une ligne téléphonique et un courriel afin de recevoir directement les commentaires des résidents, sans passer par la Ville.

Pour corriger la situation, cette entreprise a déployé un plan de rigueur. Cette démarche regroupe plusieurs mesures comme l’optimisation des brumisateurs, le réaménagement du site et le renivellement du sol pour éviter l’accumulation d’eaux stagnantes.

« Les odeurs occasionnelles ressenties dans les derniers mois sont attribuables aux différentes vagues de chaleur vécues dans la région durant l’été. L’une des meilleures façons de corriger durablement la situation est la réalisation des engagements présentés par Sanimax aux résidents du secteur en mai dernier », écrit Nicolas Laflamme.

L’agrandissement et la modernisation du site prévus en 2022 permettront d’effectuer le déchargement des cadavres d’animaux à l’intérieur de l’usine et à portes closes. Selon l’entreprise, cette logistique devrait permettre de réduire significativement les odeurs perceptibles dans le secteur, surtout durant la période estivale.

« Notez que ce projet ne vise nullement une augmentation de volume de matière traitée à l’usine de Sainte-Rosalie, mais bien à réduire les impacts potentiels des opérations », tient à préciser M. Laflamme.

Persuadé en juin que la situation était rentrée dans l’ordre, le conseiller du district Sainte-Rosalie, Donald Côté, croit que le problème sera définitivement réglé lorsque l’usine sera modernisée, possiblement au printemps prochain.

« Il y a eu effectivement une problématique importante d’odeurs la fin de semaine du 14 août. Il y a des technologies qui ne fonctionnent pas dans l’usine. C’est malheureusement un problème encore récurrent qui affecte des citoyens de mon quartier », constate M. Côté.

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