4 février 2016
Installations non conformes au centre aquatique
Des conseillers ignoraient tout du dossier
Par: Jean-Luc Lorry
Une rampe destinée aux personnes à mobilité réduite, en partie immergée dans l’un des ­bassins du Centre aquatique Desjardins, pourrait compromettre la sécurité, selon la RBQ.  Photo François Larivière | Le Courrier ©

Une rampe destinée aux personnes à mobilité réduite, en partie immergée dans l’un des ­bassins du Centre aquatique Desjardins, pourrait compromettre la sécurité, selon la RBQ. Photo François Larivière | Le Courrier ©

Les conseillers ont appris par LE COURRIER que la Régie du bâtiment du Québec (RBQ) a adressé il y a un an des avis de défectuosités à la Ville à la suite d’une inspection ­effectuée au Centre aquatique

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Selon la Régie, les installations actuelles du centre aquatique maskoutain ne ­respectent pas toutes les normes en vigueur en matière de sécurité dans les bains publics.

« Comme élus, nous n’avons jamais eu vent de cette situation ni même été invités à prendre des décisions dans ce ­dossier. Je trouve frustrant que ce soit un média qui en soit informé avant les conseillers », considère Jacques Denis, conseiller du district Saint-Thomas-d’Aquin.

« Il est certain que des questions seront posées au prochain comité ­plénier. Nous sommes tenus à une ­certaine transparence et ce dossier ne donne pas cette impression », poursuit-il avec gravité.

Selon le Règlement sur la sécurité dans les bains publics, « un escalier ne doit pas faire saillie dans la piscine, les surfaces immergées de la piscine doivent être lisses et l’eau de la piscine doit être maintenue libre de toute matière ou objet pouvant ­compromettre la sécurité des baigneurs », mentionnent les avis ­adressés à la Ville.

« S’il s’avère que le Centre aquatique Desjardins représente un danger pour la population, je pense qu’il faudrait interdire l’accès aux sections problématiques. Il est clair que l’on ne peut pas mettre en péril les utilisateurs de cet équipement public », estime Jacques Denis.

Le conseiller Alain Leclerc ignorait ­également que des avis de non-­conformité avaient été délivrés à la ­municipalité.

« Je n’ai jamais eu connaissance de ce dossier. Quand c’est annoncé par un journaliste, c’est une situation que l’on déplore. Le centre aquatique est un équipement municipal majeur. Il doit être sécuritaire. S’il y a des ­déficiences à régler, il faut le faire », ­indique-t-il.

Celui-ci compte être mis au fait de la situation lors du prochain comité ­plénier qui aura lieu le lundi 8 février.

Responsabilité de la CAM?

L’intervention de la Régie du bâtiment au Centre aquatique Desjardins fait suite à un incident isolé survenu en ­février 2014.

En sautant à partir d’une zone réservée à la surveillance, une adolescente de 15 ans s’était infligé des blessures ­sérieuses. Dans sa chute, elle avait heurté une rampe métallique en partie immergée et destinée aux personnes à mobilité réduite.

À titre de propriétaire du Centre ­aquatique Desjardins, la Ville est visée par une poursuite de 600 000 $ ­intentée par la tutrice de la jeune fille contre la Corporation aquatique maskoutaine (CAM).

Dans sa défense, la municipalité ­rappelle les obligations de la CAM, à titre de gestionnaire du centre aquatique. « De par son mandat, la CAM avait l’obligation de gérer les activités du Centre aquatique Desjardins de manière prudente, diligente et sécuritaire. La CAM avait l’obligation d’assurer la ­surveillance des lieux et de veiller à la ­sécurité des usagers du centre », écrit les procureurs de la Ville, le cabinet ­d’avocats Sylvestre & associés.

« Lire dans le journal que la Ville blâme la CAM dans cet accident me jette à terre. En prenant connaissance du document de cour, ce n’est pas la lecture que j’en fais », commente la conseillère Johanne Delage qui siège depuis deux ans au conseil d’administration de la CAM à titre de représentante de la municipalité.

« J’ai appris dans votre média toute cette histoire puisque ce litige se trouve entre les mains du contentieux de la Ville. Je vais évoquer ce dossier lors de notre ­prochain comité plénier pour obtenir des éclaircissements ».

Selon Mme Delage, l’adolescente a sa part de responsabilité puisqu’elle a sauté dans le bassin d’un périmètre réservé aux sauveteurs. « J’utilise moi-même cette rampe métallique pour me rendre dans le bassin. Si l’on décide de la retirer, les ­personnes handicapées vont avoir de ­sérieux problèmes », croit la conseillère du district Saint-Joseph.

Son collègue de banc André Beauregard a toujours cru que le centre aquatique était conforme et ne se souvient pas que ce dossier ait été abordé lors d’un comité plénier. « J’ai toujours pensé que c’était un simple accident qui aurait pu se produire ailleurs. Je ne sais pas pourquoi les correctifs demandés par la Régie du ­bâtiment n’ont pas encore été faits. Cela fera partie des questions à poser », note le conseiller du district Douville.

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