4 juillet 2013
Des contradictions par-ci
Par: Martin Bourassa
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J’aime bien m’amuser à relever des contradictions, surtout quand elles se trouvent… dans mon propre journal! La dernière édition en contenait quelques-unes, en lien avec la politique.

D’abord l’annonce redoutée d’une hausse majeure du compte de taxes scolaires sur le territoire de la Commission scolaire de Saint-Hyacinthe (CSSH). Il est question d’une hausse moyenne de 25,7 %. Ce sera plus ou moins selon les municipalités du territoire des MRC Les Maskoutains et d’Acton. C’est une augmentation considérable, on s’entend tous là-dessus.Ces hausses s’appliquent à la grandeur du Québec et dans des proportions semblables, dois-je préciser en sachant bien que cela ne vous aidera pas à digérer cette facture estivale. Une augmentation de cet ordre ferait sûrement courir les foules à l’Hôtel de ville, si au lieu des taxes scolaires il était question des taxes municipales.Mais gageons qu’ils ne seront pas trop nombreux à manifester au siège social de la Commission scolaire, ou à aller voter aux élections scolaires l’an prochain.Les contribuables savent que le gouvernement a simplement pelleté des compressions dans la cour des commissions scolaires en mettant fin progressivement à un système de subventions qui permettait, avec une efficacité contestée, de contenir l’augmentation de taxes provoquée par la hausse insensée de la valeur des résidences.On leur a donc pelleté une facture et l’odieux de nous la refiler. Refrain connu.Cela n’aidera sûrement pas les commissions scolaires à rehausser leur capital de sympathie. Elles ont beau dire qu’elles font leur gros possible, reste que peu de gens sont convaincus de leur gestion responsable et efficiente des fonds publics. Ceux qui prônent déjà la disparition des commissions scolaires vont faire le plein d’appuis.En lien avec cette manchette, les lecteurs du COURRIER auront aussi noté la satisfaction avec laquelle le député Émilien Pelletier a dressé le bilan de son gouvernement. Localement, il note des investissements de 14 M$ dans le comté depuis l’arrivée au pouvoir de sa formation. Dans sa liste, on retrouve curieusement pas mal d’investissements… dans le secteur de l’éducation (!) : ITA, Cégep et commission scolaire. Sans doute fait-il allusion aux investissements de 4,3 M$ qu’il a annoncés récemment lors d’une conférence de presse conjointe avec la CSSH.Des investissements qui serviront à rénover nos écoles. Le hic, c’est que ces sommes sont octroyées bon an mal an par le gouvernement, peu importe ses couleurs. Même que l’octroi 2012 de la CSSH était supérieur à celui annoncé avec faste pour 2013.Mais on a voulu faire un show de boucane cette année en glorifiant un investissement récurrent et la CSSH s’est gentiment prêtée au jeu, elle qui jongle pourtant avec des compressions imposées par Québec et non de l’argent neuf.J’aurais bien aimé que la CSSH invite plutôt notre député au point de presse sur l’adoption de son budget déficitaire et la hausse de taxes. J’aurais aimé entendre ce qu’il a à dire aux contribuables qui regarderont leur compte de taxes scolaires avec incrédulité. Et qui le paieront avec rage, mais résignation.

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