25 avril 2013
Des dépenses à la carte
Par: Martin Bourassa

La carte de crédit est l’un des outils de prédilection du directeur général et du personnel du CLD.

En 2011, Mario De Tilly a porté pour plus de 26 344 $ de dépenses sur sa carte de crédit du CLD. Les autres employés l’ont imité pour un montant d’environ 16 000 $, sans compter la vingtaine de transactions rayées sur les relevés.

« Toutes ces dépenses sont reliées à leurs fonctions et ont été faites dans un cadre strictement institutionnel en lien avec la mise en oeuvre de la mission du CLD Les Maskoutains », prétend la responsable de l’accès à l’information du CLD.En 2012, nous avons recensé pour plus de 16 500 $ de dépenses sur la carte de M. De Tilly, en faisant abstraction des 14 dépenses caviardées. Les cartes des employés totalisaient des dépenses minimales de 16 116 $ puisque plus d’une trentaine de transactions ont été rayées sur l’ensemble de l’année 2012.Pour des « raisons pratiques et professionnelles », le CLD privilégie l’utilisation de cartes de crédit corporatives plutôt que la formule des comptes de dépenses.« Je reçois souvent des délégations de 10, 12 personnes, ça va me coûter 700 ou 800 $, alors pourquoi je paierais les dépenses personnellement sur ma carte? J’ai parfois des relevés de 5 000 $ par mois, c’est à mon employeur de payer pour ça », estime le DG.Et le remboursement des soldes de cartes de crédit n’est pas sorcier.« Les dépenses (cartes de crédit) sont vues par le contrôleur, moi-même, le vérificateur et même le conseil d’administration tous les mois quand je dépose le bilan des résultats par poste budgétaire. Le conseil ne voit pas le détail », a reconnu M. De Tilly.À cet effet, Me Donald Riendeau, un spécialiste en éthique et en gouvernance qui nous a été recommandé par l’Institut sur la gouvernance des organisations publiques et privées, rappelle certains principes élémentaires en matière de reddition de comptes.« Le DG est responsable de la reddition de compte de ses employés telle que leurs comptes de dépenses. Le CA doit poser des questions et s’assurer que les pratiques mises en place par son DG correspondent aux besoins de l’organisation et aux pratiques d’affaires du secteur. Ceci est particulièrement vrai pour des enjeux aussi sensibles que les comptes de dépenses, le kilométrage, etc. Le responsable des finances qui rembourse les comptes de dépenses et les cartes de crédit des employés devrait lui aussi avoir des directives sur ce qui est permis ou pas. »

Achat de devises étrangères

L’analyse même partielle des relevés de carte de crédit de Mario De Tilly permet d’apprécier son rayonnement à l’étranger, particulièrement en Europe et en Amérique du Sud. On constate d’ailleurs qu’il se sert à l’occasion de sa carte de crédit du CLD pour acheter des devises étrangères, principalement dans les aéroports. Entre 2008 et 2011, nous avons recensé huit transactions pour un montant de 7 200 $.

M. De Tilly confirme qu’il procède souvent ainsi afin de pouvoir acquitter en argent comptant différentes petites dépenses comme les taxis. Il souligne que ces transactions font l’objet d’un rapport détaillé auprès du contrôleur interne.Pour l’année 2012, ses différentes dépenses du CLD permettent de le situer tantôt au Brésil, en Angleterre, en Hollande, en Estonie, en France, en Espagne et à Winnipeg.En 2011, on peut le suivre à la trace à deux reprises en France et à deux reprises en Italie. Il s’est aussi rendu au Brésil, au Danemark, aux États-Unis et à Winnipeg.Nous n’avons pas eu accès aux frais de voyage assumés par le budget de la Cité.

M.B.

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