2 juin 2016
Taxe compensatoire
Des dissensions au sein de la CDC
Par: Benoît Lapierre

Neuf organismes membres de la Corporation de développement communautaire des Maskoutains (CDC) font pression actuellement sur les administrateurs du regroupement pour qu’ils tempèrent leurs ardeurs

« La stratégie adoptée au sujet du dossier des taxes compensatoires nous apparaît fortement discutable et pourrait poser un préjudice important à l’ensemble de la CDC et, par la bande, à ses membres », peut-on lire dans un texte commun qu’ils ont transmis par courriel aux membres du conseil d’administration et dont LE COURRIER a obtenu copie. Chaque organisme avait joint à l’envoi sa propre lettre signée, avec en-tête.

Le groupe demande aux administrateurs de « surseoir à toute intervention de la CDC des Maskoutains » concernant la taxe compensatoire à la séance du conseil municipal du 6 juin, et d’inclure le point « culture associative à la CDC » à l’ordre du jour de l’assemblée générale annuelle du 16 juin.

« Au cours des derniers mois, nous avons constaté certaines dérives, notamment lors des assemblées des membres, par exemple par une ambiance de confrontation et de division entre les membres, des informations qui parviennent au compte-gouttes ou en catimini sur des dossiers importants (…) », soutiennent les contestataires.

On retrouve parmi eux plusieurs organismes que la Ville héberge gratuitement au Carrefour des groupes populaires, du 1195, rue Saint-Antoine, et qui ne sont donc pas touchés par cette taxe compensatoire que la Ville continue d’imposer aux organismes propriétaires qui ont été exemptés de la taxe foncière en vertu d’une décision de la Commission municipale du Québec.

« Ces gens qui sont logés par la Ville, est-ce qu’ils ont peur de perdre quelque chose? Les membres du comité sur la taxe compensatoire se sentent mis de côté dans cette lettre vindicative », a confié au COURRIER la présidente de la CDC, Annick Corbeil, de la Maison des Jeunes aux Quatre-Vents, de Saint-Jude.

Elle a mentionné qu’elle avait reçu la lettre jeudi dernier dans un envoi de David-Alexandre Grisé, conseiller au Collectif de défense des droits de la Montérégie, qu’elle soupçonne d’être l’auteur du message. LE COURRIER a tenté d’en obtenir la confirmation auprès de M. Grisé, mais ce dernier n’a pas répondu au message laissé à son bureau du 1195, Saint-Antoine, vendredi.

Mme Corbeil et son conseil ont bien l’intention de crever l’abcès avant l’assemblée générale annuelle des membres. « On a convoqué les organismes (qui ont signé la lettre) à la CDC le 7 juin, à 9 h. On va essayer de clarifier la situation avec eux tout de suite pour ne pas empoisonner l’assemblée générale du 16 juin. »

Elle s’étonne des accusations portées contre la CDC, alors que l’organisme a tenu, pour la première fois, trois assemblées générales au cours de la dernière année afin de favoriser la participation de ses membres. Elle signale aussi que la CDC, en défendant la cause des organismes propriétaires dans le dossier de la taxe compensatoire, respecte ses objectifs généraux, l’un d’eux étant de « représenter les intérêts commun et les intérêts particuliers d’un ou des organismes communautaires auprès d’instances gouvernementales ou des acteurs de la communauté. »

Mme Corbeil est d’autant plus étonnée de ce qui arrive que lors de la dernière assemblée générale, en avril, le dossier de la taxe compensatoire avait fait l’objet d’un débat, puis, dit-elle, d’un concensus. « Ça a brassé beaucoup, tout le monde a pu s’exprimer sur la question. À la fin, il y a eu un vote à main levée (sur ce qui était proposé pour la suite des choses) et une seule personne n’était pas d’accord », a relaté la coordonnatrice de la CDC, Chantal Goulet.

Actuellement, la CDC compte dans ses rangs dix organismes propriétaires qui poursuivent la lutte pour l’abolition de la taxe compensatoire. À la suite des représentations faites par la CDC en 2014 et 2015, le conseil municipal l’a réduite de 50 % pour l’année 2016, la faisant passer de 60 cents à 30 cents par tranche de 100 $ d’évaluation.

Deux organismes, le Centre de bénévolat et le Centre psychosocial Richelieu-Yamaska, se sont retirés de la démarche contre la taxe, tandis que deux autres organismes propriétaires n’ont jamais participé aux rencontres, a précisé Chantal Goulet.

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