15 décembre 2016
Hockey mineur
Des échanges qui font jaser
Par: Maxime Prévost Durand

Certains joueurs de hockey mineur sont changés d’équipe en pleine saison régulière. La raison évoquée? Mieux équilibrer les équipes. Ces situations sont toujours délicates à gérer par les parties impliquées et souvent contestées par les parents, surtout quand ils sont tardifs.

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« Ça ne passe jamais bien », avoue le président de l’Association de hockey mineur de Saint-Hyacinthe, Serge Messier. Mais ces échanges sont nécessaires, estime-t-il. « On doit avoir des équipes équilibrées pour le bien de tout le monde. Le but est bien sûr de s’amuser, mais aussi de gagner des matchs. On n’a pas à laisser perdre des jeunes toute la saison. »

À titre d’exemple, trois équipes ont été formées dans la classe pee-wee A, soit les Riverains, les Gaulois et les Maskas. Dès les matchs préparatoires entre les trois formations, on a constaté un certain écart, mais on a décidé de lancer la saison sans faire de changements en se disant que les choses se replaceraient d’elles-mêmes.

Toutefois, on s’est vite rendu compte que les Riverains avaient une équipe redoutable alors qu’ils ont remporté tous leurs matchs. Les Gaulois se sont retrouvés quant à eux en milieu de peloton, tandis que les Maskas ont enchaîné les défaites. Au fil des matchs, les choses ne semblaient pas vouloir s’améliorer pour ces derniers. À partir de ce moment, on fait quoi?

« Au départ, personne n’est en faveur de changements, indique David Fredette, entraîneur-chef des Riverains. Même l’entraîneur de l’équipe la plus faible nous a dit « Je vais mourir avec mon équipe comme elle est ». Mais ça a commencé à jaser dans les estrades. »

L’AHMSH a aussi vu la situation évoluer et l’option de faire des échanges a de plus en plus été considérée. Si rien ne change, une menace planerait voulant que les Riverains puissent être exclus du championnat régional par Hockey Richelieu, comme ça s’est déjà vu par le passé.

Fin octobre, début novembre, on choisit finalement de procéder à un échange entre les trois équipes. Un joueur des Riverains et un autre des Gaulois sont envoyés chez les Maskas, tandis que les Maskas ont cèdé deux de leurs joueurs, un aux Riverains et l’autre aux Gaulois. « On a tout fait pour ne pas en faire [d’échanges], mais la situation ne s’est pas replacée, explique M. Fredette. Il a donc fallu agir. »

L’impact sur les jeunes

La mère d’un des joueurs impliqués dans cette « transaction » se questionne sur cette pratique et sur l’impact qu’elle peut avoir sur les jeunes. « Là où j’ai un problème, c’est qu’il s’agit d’une décision d’adultes à l’encontre des jeunes. Présentement, mon enfant veut lâcher le hockey. Il ne comprend pas pourquoi il doit changer d’équipe, soutenait-elle dans un entretien avec LE COURRIER, quelques jours après les échanges. On est dans le hockey maison, personne ici ne va finir dans la Ligue nationale! » Selon cette dernière, les parents des joueurs de l’équipe avaient voté presque à l’unanimité pour qu’il n’y ait pas d’échange.

Lors d’échanges, chaque joueur vit ce genre de situation différemment, soutient le président de l’AHMSH. « Il y en a pour qui ça ne paraîtra pas, d’autres seront chamboulés et certains le verront plutôt comme un défi . »

L’entraîneur des Riverains, le seul à avoir répondu à l’appel du COURRIER, admet qu’il y a des leçons à tirer de ces échanges tardifs. « Après huit parties, c’est vrai que c’est trop long », a soutenu M. Fredette. Il rappelle toutefois que le travail des entraîneurs de ce niveau est fait de façon bénévole et qu’il est loin d’être insensible à cette situation. « Ça me faisait quelque chose de devoir échanger un joueur. Il y a eu beaucoup d’émotions au moment de faire l’échange, mais on était rendu là. La mère connait notre bon vouloir de garder son fils, mais la situation restait la même », a-t-il poursuivi.

Le résultat sur la glace

Cette saison, il y aurait eu de ces échanges dans pratiquement tous les niveaux, de novice à midget. Certains sont survenus avant le début de la saison, d’autres une fois la campagne entamée. « Dans certains cas, ça ne donne rien, mais la majorité du temps ça réussit », estime Serge Messier.

Dans le présent cas, les Maskas ont remporté leurs premières victoires à la suite des échanges, tandis que les Riverains disputent des matchs plus serrés qu’en début de saison. Ces derniers réussissent tout de même à trôner au sommet du classement de la Ligue de la Vallée-du-Richelieu, pendant que les Gaulois se trouvent au 4e rang. 

M. Messier assure que ces échanges sont effectués dans une volonté de l’AHMSH de présenter des équipes équilibrées et non en réaction à quelconque menace de Hockey Richelieu de les écarter des championnats régionaux. « Tous les jeunes doivent avoir une chance égale de jouer et de gagner des matchs », dit-il.

La mère du joueur échangé demeure sceptique. « Ils ont fait ça juste pour fermer la boîte de Hockey Richelieu », laisse-t-elle tomber.

Le président de l’association maskoutaine a reconnu qu’il aurait pu y avoir une exclusion des équipes lors du championnat régional si rien n’avait été fait. Il n’a pas voulu commenter le cas précis de la classe pee-wee A, ni la façon dont les équipes ont été appelées à faire des échanges, stipulant qu’il s’agit de régie interne.

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