2 mai 2013
Des élus et administrateurs tenus dans l’ignorance
Par: Martin Bourassa

Ce n’est pas parce qu’ils siègent au conseil d’administration du CLD Les Maskoutains ou à celui de la Cité de la biotechnologie que les conseillers municipaux de la Ville de Saint-Hyacinthe sont dans le secret des dieux.

Publicité
Activer le son

C’est ce qu’a pu constater LE COURRIER en discutant avec la conseillère Brigitte Sansoucy et les conseillers Alain Leclerc et Donald Côté.

La première a cédé récemment la place qu’elle occupait au CLD depuis l’élection de novembre 2009 à sa collègue Nicole Dion-Audette. Elle ne sentait pas que sa contribution était mise à profit à la table du CLD et n’était pas confortable avec le fait de devoir concilier à la fois les rôles d’administratrice et de conseillère municipale.« Mon souci premier comme élue municipale et quand je siège à un comité est de m’assurer que les fonds publics soient dépensés à bon escient », dit-elle.Et avez-vous l’impression que c’est le cas au CLD? lui a-t-on demandé.« Tu ne peux pas le savoir, a répliqué tout de go la conseillère. On se fait toujours dire que ça ne regarde pas le c.a. quand on pose une question d’ordre budgétaire. Toutes les informations pointues relèvent de l’exécutif. En tant qu’élue, je prône la transparence, mais quelque part autant le CLD que la Ville de Saint-Hyacinthe sont de plus en plus frileux à transmettre de l’information. »

Le droit de savoir

C’est ce que constate aussi le conseiller Donald Côté, qui siège pourtant au comité exécutif du CLD Les Maskoutains.

« Bien des questions que vous soulevez au COURRIER à propos de la Cité de la biotechnologie en particulier, cela fait des mois que nous les posons sans obtenir de réponses. Votre dossier risque de rebondir au prochain comité plénier et j’ai comme l’impression que d’autres questions vont s’ajouter à la liste. »Les questionnements des élus se seraient faits plus insistants à partir de l’automne dernier quand la Cité a orchestré la construction du Centre de développement pharmaceutique et octroyé, sans appel d’offres public, un contrat de 14,6 M$.Donald Côté n’a pas été tellement impressionné par les réponses offertes au COURRIER par le directeur général de la Cité, Mario De Tilly, quand celui-ci a refusé de répondre aux questions relevant de la Cité, prétextant son caractère privé.« Les élus et les Maskoutains ont le droit de savoir ce que fait la Cité, c’est de notre argent qu’il s’agit. Alors si nous ne pouvons pas avoir de réponses à nos questions, nous n’avons pas d’affaire là-dedans, c’est aussi simple que ça » tranche M. Côté en rappelant que la Ville finance la Cité et endosse ses projets à la hauteur de 20 M$.Le conseiller du district Sainte-Rosalie, délégué du Conseil de la culture au CLD, affirme qu’il ne perd jamais de vue les intérêts des Maskoutains quand il doit prendre une décision au CLD. « Je suis en quelque sorte les yeux, les oreilles et le cerveau de la Ville et des citoyens au CLD. Je prends les meilleures décisions dans l’intérêt du CLD en mettant de côté mon chapeau d’élu, mais c’est souvent plus facile à dire qu’à faire. »Donald Côté dit avoir appris plein de choses qu’il ignorait dans la première partie de notre dossier sur la gouvernance et la reddition de comptes du CLD.« Votre travail est correct, c’est bien fait, je n’ai rien à redire. Et concernant le refus de répondre du maire Bernier (président du CLD et de la Cité), je ne vais pas répondre pour lui, cela lui appartient. Pour le reste, notre système repose sur 99 % de confiance et 1 % de doute. Là, le pourcentage de doute vient d’augmenter. »

M.B.

image