27 août 2015
Manifestation citoyenne
Des fleurs pour la E.T. Corset
Par: Jennifer Blanchette
Des fleurs pour la E.T. Corset

Des fleurs pour la E.T. Corset

Une trentaine de citoyens ont manifesté à coup de gerbes de fleurs et de cartes postales contre le projet de démolition de la E.T. Corset, dimanche. Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©

Une trentaine de citoyens ont manifesté à coup de gerbes de fleurs et de cartes postales contre le projet de démolition de la E.T. Corset, dimanche. Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©

L’éventuelle démolition de l’ancienne usine E.T. Corset continue de soulever les citoyens qui se sont réunis, ­dimanche, pour manifester contre le projet de développement résidentiel à haute densité qui devrait s’établir sur ce site patrimonial.

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À l’initiative du collectif Points de vue, un groupe qui prône la sauvegarde des ­bâtiments patrimoniaux, une trentaine de personnes s’étaient donné rendez-vous sur le parvis de l’église Sacré-Coeur, sur la rue Laframboise, avant de déplacer leur cortège en direction de la E.T. Corset, une usine qui date de 1892.

« Nous savons que les citoyens sont ­opposés au changement de zonage. Si nous nous rendons en référendum sur la question, nous saurons réellement si les gens ont davantage envie de vivre dans un édifice de cinq étages en bordure de la voie ferrée ou plutôt dans un bâtiment patrimonial restauré », ont affirmé les fondatrices de Points de vue, Camille ­Bédard et la Maskoutaine Marie-France Daigneault Bouchard. Afin de célébrer la fin de la vie, ou peut-être la renaissance, espère le collectif, de l’usine centenaire, les manifestants ont déposé des bouquets de fleurs devant l’immeuble ­patrimonial en plus d’adresser des cartes postales à la mémoire du bâtiment.

« Nous voulons conscientiser les gens à la démolition de la E.T. Corset, car beaucoup d’entre eux ne sont pas au courant de ce qui se passe. Avec ce rassemblement, nous voulons faire un petit coup d’éclat, démontrer notre engagement politique dans le dossier, mais de façon créative. Il faut rendre ce discours ­accessible à tous », a souligné Mme Daigneault Bouchard.

Cette dernière a rappelé que selon le rapport de la firme d’architectes ABCP, mandatée par la Ville de Saint-Hyacinthe dans ce dossier, près de 40 % des matériaux de la E.T. Corset pouvaient être ­récupérés ou réutilisés. L’un des architectes de la firme avait également dévoilé en séance d’information publique que le plus vieil élément patrimonial industriel de Saint-Hyacinthe était conservé dans le plan d’aménagement initial du site.

Le conseiller Bousquet présent

Le conseiller municipal du quartier ­Sacré-Coeur, David Bousquet, était le seul élu présent à la manifestation.

II a indiqué au COURRIER être en ­faveur du plan de développement immobilier présenté par le Groupe Bellus, à qui les copropriétaires des sites de la ­Goodyear et de la E.T. Corset cèderont le terrain une fois les édifices rasés.

« C’est le compromis entre un déve­loppement résidentiel bas de gamme et tout perdre de notre patrimoine. Au ­départ, le premier projet était un ­stationnement incitatif, puis il a été ­question d’un développement de 24 logements avec comme seul rappel de ce site historique une plaque. Là, nous avons un engagement du promoteur concernant la réplique de la tour vitrée de la E.T. Corset et les recommandations de la firme ABCP », a indiqué le conseiller Bousquet.

Il a poursuivi en affirmant à la foule que s’il ne sentait pas que « le conseil était ­favorable à la préservation », les actions comme celles posées par Marie-France Daigneault Bouchard pouvaient faire la différence et permettre d’influencer les décideurs.

Le père de la jeune femme et résident de Saint-Hyacinthe, Émile Bouchard, a pour sa part profité de la tribune pour ­décrier le processus de décision trop ­rapide dans ce dossier et souligner que « ce sont les promoteurs qui devraient s’adapter aux politiques municipales et non l’inverse ».

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