15 novembre 2012
Des gros sous
Par: Pierre Bornais

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Pour faire changement, le prochain sujet de l’heure touchera sans doute les honoraires professionnels des médecins au Québec.

Radio Canada annonce la diffusion (en cours au moment de lire ces lignes) de dossiers traitant de la question. Est-ce en réponse à l’interrogation du ministre de la Santé qui affirmait récemment que « tout avait été donné aux médecins spécialistes »? Ou pour alimenter une discussion publique sur l’importance de ces honoraires et sur la manière de les distribuer qui a force chez nous? Nous le saurons bientôt; le sujet pourrait soulever des vagues alors que, tout récemment le niveau à partir duquel le gouvernement fixe la « richesse » n’a laissé personne indifférent. Une chose est assurée, les francophones – du moins pour plusieurs – entretiennent avec l’argent une relation malsaine; un vieux réflexe judéo-chrétien sans doute. Les fortunes amassées au fil des ans et en toute légitimité font sourciller pour le moins et les gros salaires sont sujets à suspicion. Comme si l’argent était nécessairement d’origine douteuse ou sale. Ce réflexe pourrait être alimenté en l’espèce en prenant connaissance du conflit, en France, chez les médecins libéraux (ou privés). Au coeur du problème, les honoraires jugés insuffisants : le médecin de famille ou son équivalent touche – après les dépenses liées à ses opérations – environ 10 000 dollars par mois et le spécialiste tout juste 20 000. Au Québec, les données disponibles ne font pas la part des dépenses liées aux activités des médecins (bureau et personnel de soutien). Il faudra, avant toute chose, établir des évaluations et des points de comparaisons valables. Et ne pas oublier que nous sommes à deux pas des États-Unis où toutes ces contraintes n’existent pas. Sous peine d’assister à des départs massifs… comme on en parle en France vers d’autres pays…

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