28 juin 2012
Des liens et des menaces
Par: Martin Bourassa

Ceux qui suivent la commission Charbonneau sur l’industrie de la construction ont pu entendre depuis le début des audiences des noms d’entreprises ou d’individus qui ne sont pas totalement étrangers aux Maskoutains.

Ceux qui suivent la commission Charbonneau sur l’industrie de la construction ont pu entendre depuis le début des audiences des noms d’entreprises ou d’individus qui ne sont pas totalement étrangers aux Maskoutains.

Le nom des Entreprises Claude Chagnon a d’abord été invoqué le 19 juin concernant un contrat pour la reconstruction d’un pont de l’autoroute 20 enjambant la rivière Richelieu à Saint-Mathieu-de-Beloeil. L’entreprise Simard-Beaudry, liée à Tony Accurso, a décroché ce contrat avec une soumission inférieure de 35 % aux estimations du ministère des Transports. C’est finalement l’entreprise maskoutaine qui aurait hérité du contrat à la suite d’un second appel d’offres. Rien pour écrire à sa mère donc.On a aussi entendu parler de la famille Bibeau, qui outre ses activités dans les centres commerciaux, dont celui de Saint-Hyacinthe, est principalement active dans le milieu de la construction. Selon les travaux de l’Unité permanente anticollusion (UPAC), sept entrepreneurs se trouveraient derrière pas moins de 140 entreprises du milieu de la construction au Québec, ce qui pourrait limiter dans certains cas la concurrence loyale, selon Jacques Duchesneau. La famille Bibeau serait derrière 12 entreprises liées, dont Suroma, Construction Argo, Saramac et Shockbéton. Même si on est loin des 63 entreprises liées à la famille Accurso, les entreprises de la famille Bibeau ont quand même attiré l’attention de l’UPAC. Tout cela ne prouve absolument rien cependant.Et au moment où l’ex-directeur de l’UPAC, Jacques Duchesneau, terminait son témoignage devant la commission la semaine dernière, l’escouade Marteau frappait à Saint-Jean-sur-Richelieu pour arrêter des entrepreneurs et deux employés municipaux soupçonnés de truquer des appels d’offres municipaux.L’entrepreneur maskoutain Jean Dumas, de Construction Bugère, aurait entre autres fait les frais de ces manigances lors de l’octroi d’un contrat de modernisation et de mise à niveau d’une usine de filtration à Saint-Jean, et de manière on ne peut plus claire. « Si tu soumissionnes, on te fait sauter », a-t-il raconté à La Presse. M. Dumas dit ignorer qui l’a menacé, mais il n’a pas soumissionné au projet pour des raisons personnelles… et non en raison de ces menaces.

M.B.

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