6 novembre 2014
Terrain vacant des Dominicains
Des ossements trouvés sur un chantier de construction?
Par: Jean-Luc Lorry
Les travaux de construction d’un immeuble résidentiel sont en cours à l’arrière de l’ancien couvent des Pères Dominicains.  Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©

Les travaux de construction d’un immeuble résidentiel sont en cours à l’arrière de l’ancien couvent des Pères Dominicains. Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©

Photo datant de 1955 du vaste terrain des Pères Dominicains situé à l’arrière de leur couvent et de l’église Notre-Dame du Rosaire. À l’orée du boisé, se trouvait l’ancien cimetière des religieux. Photo Studio Lumière

Photo datant de 1955 du vaste terrain des Pères Dominicains situé à l’arrière de leur couvent et de l’église Notre-Dame du Rosaire. À l’orée du boisé, se trouvait l’ancien cimetière des religieux. Photo Studio Lumière

Des morceaux de bois et de possibles ossements ont été déterrés récemment lors des travaux de construction d’un immeuble résidentiel sur le terrain vacant ayant appartenu aux Pères Dominicains de Saint-Hyacinthe.

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Sur ce vaste terrain se trouvaient deux cimetières, celui des Pères Dominicains et celui de la paroisse Notre-Dame qui est le plus ancien de la municipalité.

En prévision de la vente en 2006 de leur propriété incluant un couvent, les Pères Dominicains avaient octroyé un contrat d’exhumation à l’entreprise Alfred Dallaire Mémoria pour déplacer les restes de leurs condisciples au Cimetière Notre-Dame-du-Rosaire situé sur la rue Girouard Est.

Lors du transfert des corps, le procureur provincial des Pères Dominicains, Jean-Jacques Robillard, avait précisé dans nos colonnes que le cimetière maskoutain de cet ordre religieux comptait 381 sépultures.

En 2008, le Groupe Fluet, spécialisé en gestion immobilière, s’était porté acquéreur de la propriété. Son projet comportait trois phases de développement : la transformation de l’ancien couvent en appartements pour personnes retraitées autonomes (aujourd’hui terminé), la construction d’un immeuble résidentiel et celle d’un édifice à vocation commercial.

Ces deux bâtisses seront construites sur le terrain vacant situé à l’arrière de l’ancien couvent des Pères Dominicains.

En entrevue au COURRIER, le père Roger Lussier, qui est le seul Dominicain encore actif à Saint-Hyacinthe, nous a précisé qu’à l’endroit où est actuellement érigé cet immeuble résidentiel se trouvaient un terrain de tennis et un jeu de croquet.

À titre de superviseur des travaux d’exhumation, le père Lussier assure qu’aucun ossement ou dépouille ne demeure à l’emplacement de l’ancien cimetière.

« Celui ou celle qui vous dit qu’il reste des ossements est dans les patates », assure le père Lussier.

Une photo aérienne datant de 1955 illustre que la construction de cet immeuble se déroule à proximité de l’ancien cimetière des Pères Dominicains ainsi qu’à l’arrière de l’église Notre-Dame du Rosaire où était l’ancien cimetière paroissial.

Selon une source qui a préféré conserver l’anonymat, un cercueil ouvert aurait été aperçu ces derniers jours sur le site du chantier.

L’Évêché au parfum

À l’Évêché de Saint-Hyacinthe, on nous a précisé qu’en cas de découverte d’ossements sur un chantier de construction, le promoteur doit arrêter les travaux et contacter les autorités policières pour procéder à une expertise.

« C’est illégal de poursuivre la construction dans le cas où des ossements auraient été trouvés. La lumière doit être faite sur ce sujet », estime le vicaire général, Mgr Jean-Marc Robillard, frère jumeau du dominicain Jean-Jacques Robillard.

Mis au parfum de cette affaire, l’évêque du diocèse de Saint-Hyacinthe, Mgr François Lapierre, croit pour sa part que des ossements ont pu être trouvés en raison de la proximité de l’ancien cimetière de l’église Notre-Dame du Rosaire.

« Il doit probablement rester des ossements en raison de la présence de l’ancien cimetière paroissial », considère Mgr Lapierre.

Le chanoine Denis Lépine, vicaire épiscopal et chancelier du diocèse, a été dépêché par l’évêque sur le chantier de construction. Sur place, le promoteur lui a remis des morceaux de bois pouvant provenir d’un cercueil ou d’une ancienne remise et des morceaux qui pourraient être des ossements, selon M. Lépine.

« Dans ce dossier, nous avons fait appel à notre avocat pour nous conseiller sur la démarche à suivre. Cela ne serait pas surprenant de trouver des ossements puisque le promoteur immobilier travaille autour d’une église », estime le chanoine.

Le juriste consulté pourrait recommander une expertise des morceaux déterrés sur le chantier.

Interrogé sur le sujet, le président de Construction Fluet, Enrico Fluet, nous a répondu par courriel qu’il ne pouvait nous confirmer pour le moment s’il s’agissait d’ossements et que des vérifications seraient effectuées prochainement.

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